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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 19:22

Voilà c’est fini…

L’heure de se Jean-Louis-Aubériser. Car les tables des JO sont pliées. Les médailles distribuées. La fête est terminée.

On ne reverra du ping à la télé que dans quatre ans.

Alors, de ces JO de Rillaud, que retiens-je, ou plutôt que retiens-jons nous (du verbe retienjer) ?

A part qu’il a fait beau.

Et qu’il a fait bon.

Et que la vie coule comme une chanson.

Le TOP 17 de RILLAUD

(PS: avant d'avoir des problèmes avec la police, on préfère dire de suite que les photos ont été ignominieusement chourées sur le site de l'ITTF, Guetty images, et de ci de là sur internet)

Pour sa ration protéique, au petit déj KARASEVIC mange en plus 3 foetus. Mais sans le placenta.

Pour sa ration protéique, au petit déj KARASEVIC mange en plus 3 foetus. Mais sans le placenta.

1. L’intensité des rencontres : Enormissime !!! Tous les matchs au taquet. De la première à la dernière balle. Ça suait, ça gueulait, ça s’arrachait le cul. Du ping total. Magnifique.

Lavillenie aurait chialé dès son entrée dans l'antre pongiste.

Lavillenie aurait chialé dès son entrée dans l'antre pongiste.

2. L’ambiance dans la salle : Petite, 5000 places, mais blindée. Le format idéal pour une compétition de ping. Un volcan, un chaudron. Surtout quand les brésiliens y évoluaient. A tel point que quand la foule exultait, les autres joueurs n’entendaient même plus, ni la balle, ni l’arbitre. Déstabilisant, et un peu space pour les joueurs (bonjour la concentration !), mais super bueno pour l’atmosphère !

La vie de Brian: sera un jour le number one.

La vie de Brian: sera un jour le number one.

3. Le niveau de jeu dès les premiers tours : Plus de petits joueurs. Dès l’ouverture de la chasse ça envoie sec. Et on a bien aimé le jeune portoricain Brian AFANADOR et le petit thaïlandais Padasak TANVIRIYAVECHAKUL.

Hugo BOSS.

Hugo BOSS.

4. Le jeune brésilien Hugo CALDERANO : Ces JO devaient être les siens. Et il a incroyablement répondu présent. Surjouant et enfilant les perfs comme les perles. Atteignant les 1/8ème de finale en s’appuyant sur un public en transe. Qu’il s’était mis au creux de la poche. Et du coeur.

Samso a un peu joué au foot avant de faire ping-pong.

Samso a un peu joué au foot avant de faire ping-pong.

5. Le très bon comportement des vétérans (ou quasi- vétéran) Vladimir SAMSONOV, HE Zhiwen, Adrian CRISAN et Timo BOLL. Vu les conditions de jeu et la pression, l’expérience, l’ancienneté, l’habitude de ces compétitions ont prévalu. Malgré la perte de vivacité inhérente à l’âge, et les douleurs arthrosiques et musculaires (merci les temps morts médicaux, que les pépères Samso et Timo auront utilisé à très bon escient, avec la bénédiction des arbitres, pour récupérer, et parfois pour faire sortir des matchs leurs adversaires). Avec la balle plastique-à-la-con peut-être le retour des joueurs performants sur le petit jeu, en retour, au contre, et en bloc. Le triomphe du jeu minimaliste. On va bien se régaler à l’avenir…Mais tribute to VLADI, encore formidable compétiteur, racé et élégant. Venu mourir dignement à une marche de la médaille de bronze en simple. Et all the best to TIMO. Grand artisan de la médaille de bronze par équipes allemande, pour sa presque fin de carrière, en gagnant lors de la petite finale son simple contre JOO SE HYUK, et le double associé à Bastian STEGER.

Elle a gagné sa place en Hérain. Facile en plus.

Elle a gagné sa place en Hérain. Facile en plus.

6. La défenseuse KIM SONG I. Venue de Corée du Nord, un parcours phénoménal dans le tableau individuel, au bout duquel elle arrachera la médaille de bronze. Présente sur toutes les balles, rusée, futée, du fight à gogo et des nerfs en platine. Auteur d’un match d’anthologie contre Kasumi ISHIKAWA en 1/8ème de finale : pour nous, le plus beau match des JO ! Espérons qu’elle a bien profité de l’ambiance carnaval et samba. Car à partir de demain c’est retour à PYONGYANG. Le pays où tu ris quand tu te brûles.

Mima déjà prête pour le concert de David GUETTA

Mima déjà prête pour le concert de David GUETTA

7. Mima ITO. La petite japonaise (15 ans et 9 mois !) qui aura tenu la baraque japonaise en double et dans ses simples, permettant à l’équipe fille d’arracher une médaille de bronze. La plus jeune ratisseuse de médaille olympique en tennis de table. A l’âge où l’on chasse plutôt les pokémons. Entre deux concerts de Justin BIEBER et des ONE DIRECTION. Mais elle n’est que le petit arbre qui cache une forêt d’extraordinaires joueurs japonais. Qui ont déjà bien gazé à Rio (bronze par équipe filles, argent par équipes garçons, et bronze en indiv de Mizout), et qui auront plus que leur mot à dire en 2020.

Une quinzaine au poil!  Le poil à MIZOUT.

Une quinzaine au poil! Le poil à MIZOUT.

8. Jun MIZUTANI. Notre chouchou. Notre Mizout. L’élastic-man japonais aura marché sur l’eau et les testicules de ses adversaires pendant quinze jours. Une médaille de bronze en simple, une médaille d’argent par équipes. On peut dire qu’il aura fait le job. Y compris en finale, en tapant XU Xin. Car ils ne sont pas légions ceux qui sont parvenus à taxidermiser un joueur chinois en compét officielle. Et en bonus, le rallye de l’année sur MA Long en ½ finale, qui tourne toujours sur le web !

Jeoung se relèvera pour fesser tout le monde dans 4 ans.

Jeoung se relèvera pour fesser tout le monde dans 4 ans.

9. JEOUNG Youngsik : Le jeune coréen du Sud nous aura épatés. En ayant bien fait suer les chinois MA Long en ¼ de finales du tableau simple, et ZHANG Jike dans le par équipes. Il faudra compter sur lui, et ses amis, dans 4 ans.

German smiles

German smiles

10. Les Allemands : Avec une médaille d’argent par équipes filles, une médaille de bronze par équipes garçons, ils demeurent encore la meilleure nation du vieux continent. Groβe performance : l’éternelle Deutsch Qualität.

Une famille en or

Une famille en or

11. Les Chinois. Comme d’habitude, et comme prévu, énormes. Ils ont tout raflé. Or et argent en simples garçons et filles, or par équipes. Ne laissant que des miettes au reste du monde. Mais s’ils sont toujours aussi stratosphériques, ils auront néanmoins montré quelques signes de faiblesse côté garçons (défaite de XU Xin sur MIZUTANI, MA Long et ZHANG Jike à la peine sur JEOUNG Youngsik). L’illusion d’être presque prenables en finale par équipes. Presque... Mais un MA Long et une DING NING olympiens. Double médaillés d’or. Monsieur et Madame plus. Plus vite. Plus haut. Plus fort. Au dessus. De tout. De la planète ping, de Benoît VAQUIER, et même, de Dieu.

Le papa

Le papa

12. Liu GOLIANG. The COACH. Le magot chinois, souriant et toujours faussement inquiet. Actor studio. Assis sur son trône de capitaine. Mais qui pourrait être celui d’un empereur. La sagesse de CONFUCIUS, couplée à la hargne de CHIYOU, le Dieu de la Guerre, quand ça barde. Aura comme toujours parfaitement géré ses divas du Gerflor. Les aura aiguillonnés et soutenus quand il le fallait, et comme il le fallait. Comme d’hab, il ramène son poids en or à Pékin.

Merci à MA Long de montrer à tout le public la taille actuelle de notre circonférence rectale.

Merci à MA Long de montrer à tout le public la taille actuelle de notre circonférence rectale.

13. L’équipe de France : Sa prestation et son bilan ont déjà été évoqués par ailleurs (http://tennis-de-table-amiens.over-blog.com/2016/08/rillaud-2016-le-bilan-de-l-equipe-de-france.html#ob). Mais ça pique encore terriblement. Notre fissure anale suinte toujours.

En signe de protestation, le rebelle Timo BOLL a même dessiné des bites sur les balles des JO.

En signe de protestation, le rebelle Timo BOLL a même dessiné des bites sur les balles des JO.

14. Les balles plastiques. Les joueurs pro s’en seront plaints. Même le discret et consensuel Timo BOLL. Ne revenons pas sur ce scandale économique qui va obliger la terre entière pongiste à balourder les celluloids pour ces balles Tupperware. Permettant à une poignée d’industriels futés, et à leurs amis, de bien se gaver. Les joueurs en auront pété en moyenne une par match. Elles auront souvent nui au spectacle par leurs rebonds aléatoires, et leur tendance à l’écrasement à l’impact sur la table. Monsieur Dimitrij OVTCHAROV dit qu’il est impossible de s’y habituer. Ça promet... On risque d’en péter des balles. Et des raquettes, de rage. Excellent pour le commerce. Ça n’était d’ailleurs pas le but de cette réforme ?

Quand tu joues contre le copain de Coluche

Quand tu joues contre le copain de Coluche

15. Les retransmissions télévisées. Oui la télévision française aura retransmis quelques dizaines de minutes de ping-pong. C’est vrai, souvent en différé. C’est vrai, souvent entrecalées, ou coupées par d’autres disciplines plus médiatiques. Ok, les interventions de certains commentateurs n’étaient pas toujours hyper-pointues. Mais ils auront fait l’effort, et fait appel à quelques experts pour les aider : Christian MARTIN sur Canal plus, Laura PFEFFER sur France télévision. Bel effort. Surtout ne faisons pas la moue. Ni la fine bouche. La diffusion du tennis de table étant exceptionnelle, on prend. On prend tout ! Même un Cyril HANOUNA sur minitable. Rome ne s’est pas faite en un jour… Seuls les résultats internationaux amèneront plus de diffusion et de visibilité. C’est le jeu, et le parti pris des chaines françaises. Ils ne diffusent une discipline que si un français a une chance de médaille. Pour les petits sports, souvent à partir des quarts de finale. Quand la possibilité d’une médaille commence à frémir. C’est la loi. Il faut de la cocarde, du slip tricolore, et de l’émotion. Regarde le hand et le volley. On n’en voyait jamais une image. Et désormais ils ont pignon sur rue. La preuve : désormais on coupe les retransmissions de ping-pong en leur faveur !

Ces deux là tu aurais également pu les aligner sur le décathlon.

Ces deux là tu aurais également pu les aligner sur le décathlon.

16. Un sport télégénique. On ne l’aura pas assez mis en avant, mais à Rio la réalisation a été d’excellente facture. Des ralentis extraordinaires ; le visage, les expressions, et les émotions des joueurs et des coachs saisis au plus près. Du SPIELBERG ! On n’a rien loupé. Oui, le ping-pong est un sport télégénique et spectaculaire. La preuve : même ta boulangère, qui habituellement envoie plus de la baguette que du top spin, t’a parlé de l’échange extraordinaire entre MA Long et MIZUTANI !

Aïe! La formule!

Aïe! La formule!

17. La formule. Par contre, et c’est là que le bât blesse, la formule olympique est beaucoup trop longue pour espérer capter l’attention de spectateurs lambda et donc de chaines télé. Les rencontres par équipes durent 4 heures. Des matchs en simple dépassent l’heure. Quelle chaîne peut être intéressée par un spectacle d’une telle durée ? A une époque où tout va vite, où ça zappe perpétuellement. Quatre sets gagnants de 11 points, dans le tableau individuel : trop long ! D’autant que les joueurs prennent de plus en plus de temps entre chaque point ; vont consciencieusement et longuement s’essuyer tous les 6 points ; usent à fond de leur temps mort, et même parfois d’un break médical. De même, cinq matchs en trois sets gagnants de 11 points dans le par équipes : interminable ! D’autant qu’avec cette formule, les deux numéros un ne se rencontrent pas. Et le double devient crucial, pour le peu qu’un leader très costaud en numéro 1 défonce les numéros 2 et 3 adverses. On n’est pas fan des doubles, mais ça semble plaire au plus grand nombre. Donc on s’incline. En grand démocrate que nous sommes.

Mais il faudra quand même un jour se poser la question d’une réforme du format des matchs internationaux. Si l’on souhaite que les médias, et des spectateurs potentiels, s’intéressent à la discipline.

Les spécialistes de la Hérain est mon Royaume te proposent donc de :

- réduire le nombre de sets gagnants (passer à uniquement deux sets gagnants ?),

- et/ou réduire le nombre de points par set (manche de 7 points ?),

- ne plus autoriser les joueurs à s’essuyer que tous les 12 ou 18 points ?

- botter le cul des joueurs pour ne plus qu’ils prennent trois jours entre chaque point, en introduisant un temps limite, de 10 secondes entre chaque échange?

- rajouter un peu de fun, en introduisant un défi une fois dans le match pour chaque joueur, pour lequel il choisira que le point joué et gagné comptera double (comme lors du grand prxi hardbat) ?

- ne plus faire une belle qu’en trois points ? ou à un set partout ne jouer la victoire que sur une seul point en or ?....

Oui toutes ces propositions, peut-être farfelues, vont faire hurler les caciques de la discipline. Mais justement, notre discipline est en train de crever. De moins en moins de licenciés en compétition. Des résultats internationaux moroses. Des médias qui ne s’intéressent pas au ping.

Alors que ce sport est télégénique. Et passionnant.

Il faudrait juste que les français y cartonnent, que les rencontres soient plus rythmées, et pliées plus rapidement. En y ajoutant si possible une dose de fun, de tension, et de suspens.

L’émotion restera de toute façon la même.

On continuera à pleurer à la fin. De joie ou de tristesse.

Allez, rendez-vous dans 4 ans.

A Tokyo.

Pour chialer ensemble !

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commentaires

K
Question : pourquoi vouloir absolument passer à la Télévision ? Nous avons tous les matchs sur Internet de nos jours. Un sport amateur, c'est bien aussi.

Déjà que je trouve que 4 sets de 11 c'est court par rapport aux bons vieux 3 sets de 21, alors passer à 2 sets ! Autant tirer la victoire à pile ou face.

Un match de foot ce n'est pas long ? et pire un match de Tennis ?
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