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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 23:00

« Force et Honneur » : longtemps tu as cru que cette devise avait été écrite pour que Russel CROWE-GLADIATOR fasse le kéké à la tête de ses légions romaines.

Et bien non.

En fait seuls trois joueurs chinois ont le droit de la revendiquer, et en exclu.

Depuis que ce vendredi 23 juin 2017, l’un après l’autre, ces trois titulaires indiscutables et multimédaillés de l’équipe de Chine : MA LONG, le champion du monde et champion olympique en titre, FAN ZHENDONG, le vice champion du monde, et XU XIN, le demi-finaliste, aient décidé, à l’unisson, de déclarer forfait au deuxième tour des simples de l’Open de Chine !

La raison invoquée par ces trois joueurs sur les réseaux sociaux après ce coup de tonnerre ? « Un manque de motivation après l’éviction de leur entraineur emblématique, LIU Goliang »…

Le sorcier chinois, ayant été remercié deux jours auparavant, et limogé de l’encadrement de l’équipe chinoise pour une « promotion » en tant que vice-président de la fédération chinoise.

Un dégageage et une sanction résultant de motifs plus ou moins politiques et relationnels. Parce qu’au niveau sportif, depuis que le petit gros a pris en main l’équipe chinoise, ils roulent sur le monde entier. Et avec des pneus de 34 pouces ! Alors même si lors des championnats d’Asie chez les filles la petite Miu HIRANO leur a fait quelques misères en avril, les pendules ont largement été remises à l’heure lors des championnats du Monde de Dusseldorf en juin. Compétition au cours de laquelle les maîtresses et les maîtres horlogers chinois n’ont laissé que des miettes, et encore, celles qu’ils avaient daigné trier, au rest of the World.

Donc, lorsque ce mercredi 21 juin, aux premières lueurs de l’été, la fédé chinoise a retiré les baskets de Liu GOLIANG pour lui refiler des pantoufles, le vendredi suivant, ses trois mousquetaires ont envoyé un gros « Fuck ! », mais en chinois, aux petits fonctionnaires pongistes de Pékin.

Un tsunami, un tremblement de terre au pays de la balle plastique. Quand on connait la popularité de la discipline, et plus encore le retentissement que ce geste aurait lors de la compétition emblématique de l’année sur les terres du Milieu.

Les joueurs chinois ont donc eux aussi, en quelque sorte, refusé de descendre du bus. Mais la comparaison avec les tocards français de Knysnia s’arrête là. Car pour nos jeunes chinois, ce geste de rébellion s’avère autrement plus empreint de sens, et d'héroïsme.

Les notions de liberté et de libre-arbitre sont encore toutes relatives en Chine. L’encadrement est un poil plus rigoureux, légèrement plus sec, et intransigeant qu’ici. La fédération chinoise a d’ailleurs immédiatement réclamé des sanctions exemplaires à l’encontre des trois joueurs, mouillant également l’ITTF, la fédération internationale. Leurs messages perso sur les réseaux sociaux ont été effacés. Et ils ont dû se fendre d’un petit communiqué d’excuses et d’auto-flagellation le lendemain.

Mais ce qui est remarquable dans ce coup d’éclat, qui a fait réagir et s’enflammer la planète pongiste, c’est le fait qu’il ait été commis, d’un commun accord, et malgré les risques encourus, par les trois meilleurs joueurs du monde.

Des athlètes souvent considérés comme des machines. Insensibles, brutales et impitoyables. Mais à cette occasion, on a pu se rendre compte que sous leur armure de kevlar, battait un petit cœur. Avec des oreillettes et des ventricules tournés vers leur entraineur fétiche, le gourou LIU GOLIANG.

Alors oui, peut-être qu’ils ont été manipulés, ou influencés. Mais peut-être pas. On n’est pas du tout des adeptes de la théorie du complot.

Nos trois chouchous ont juste fait montre d’un esprit de corps, d’abnégation et d'un sacré cran.

On savait déjà qu’ils avaient des nerfs d’acier. On découvre maintenant qu’ils ont des testicules du même métal.

Tu imagines ? Nous en Hérain la seule fois où l’on a déclaré forfait c’est quand l’un de nos joueurs a préféré faire l’ouverture de la chasse, pendant qu’un autre dormait encore dans son vomi après une expédition en boîte.

Là, en refusant de jouer, juste pour montrer leur soutien envers leur coach, MA LONG l’esthète, FAN ZHENDONG le petit taureau, et XU XIN le branleur fantasque, se sont volontairement exposés au feu et à la colère rouge du grand Dragon étatique.

Mettant en jeu leur renommée et leur carrière.

Car les responsables chinois ne font pas dans la demi-mesure. Il y a quelques années CHEN QI pour avoir pété une séparation en superligue chinoise, et quelques autres broutilles, s’est retrouvé durant quelques mois en camp de rééducation. Histoire de méditer.

Là, difficile de prédire ce qui attend et ce que risquent réellement nos trois Fantastiques.

Ils ont juste montré ce que pouvaient être l’honneur et la fidélité au très haut niveau.

Ils ne sont pas montés sur un podium en tendant un poing ganté de noir, mais ont juste envoyé un petit bras d’honneur forfaitaire à leur fédé. Parfois, ça soulage.

Et pas uniquement quand tu habites vers la promenade des Anglais.

Nos jeunes amis asiatiques nous ont montré que les mots amitié et loyauté avaient encore un sens. Et que ces tueurs au sang froid de la table de ping pouvaient être aussi fleurs bleues que les grands romantiques du XIXème siècle. C’est réconfortant.

Et également fascinant.

Car pour ce bras de fer entamé avec leurs instances dirigeantes, ils risquent tout de même une petite mort pongiste.  

On les aimait déjà beaucoup.  Maintenant, on les adore.

Ils iront peut-être faire, en pénitence, quelques stages et parcours du combattant dans des camps militaires.

Mais pour nous, ils resteront pour toujours, et tout simplement, nos soldats de l’Amour.

La très très grande classe...Quand tu mets minable monsieur de FURSAC.

La très très grande classe...Quand tu mets minable monsieur de FURSAC.

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