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Oui, Jan-Ove, The Greatest Of All Time.

Certes les contradicteurs et pisse-froids vont argumenter qu’il y a eu de très grands joueurs avant. Qu’il y en a actuellement, et qu’il y en aura forcément après. Que certains pongistes ont eu, ont, ou auront, des palmarès supérieurs (mais, NDLR : ils ne seront  pas bien nombreux !!!).

Quoi qu’il arrive Jan-Owe restera pour toujours, et à jamais, AU DESSUS !

Pour de multiples raisons. Déjà parce qu’on l’a décidé. Et puis par sa précocité, son toucher de balle, sa créativité. Parce qu’il aura été l’un des porte-étendards du ping moderne, et qu’il l’aura emmené dans une autre dimension.  Car il porte aussi en lui, et avec lui, la nostalgie d’une époque adolescente, et révolue. Avec les sets de 21 points, les balles de 38, la colle rapide, les services avec le bras devant…

Mais tout ça au bout du compte c’est littérature : il aura vécu et traversé la fin du XXème siècle, le passage aux sets de 11 points, aux balles de 40, et l’arrivée des billes plastiques avec la nonchalance et la décontraction d’un gentleman-farmer suédois. Il pouvait tout jouer, et avec tout, n’importe où, n’importe comment. Y compris avec des boîtes de CD, des bouquins, des boîtes de Snus …et même des bananes : https://www.youtube.com/watch?v=Ed9eL1VPiiM

Parce qu’en fait, ce qui compte au final pour Jan-Ove, c’est le jeu.  C’est jouer.

Et c’est bien là ce qui a toujours été l’essentiel. Son essentiel.

Waldnérien

Waldnérien

Jan-Ove WALDNER naît le 3 septembre 1965 à Stockholm, en Suédie. Mais dans une étable, entre un âne et un boeuf. Marie, sa mère, l’inscrit dès ses 5 ans dans le club de tennis de table de Spårvägen BTK. Joseph, son père, charpentier et menuisier de formation, lui fabriquera sa première raquette, et la table sur laquelle il débutera, dans son garage. Marie, Joseph, l’étable... Tu pourrais croire que Jan-Ove est le fils de DIEU. Mais non, c’est raté : il est DIEU, lui-même !

Dès les premières balles tapées, JO WALDNER fait montre d’une aisance incroyable. La raquette n’est pas le prolongement de sa main. Elle est sa main.

Il sera rapidement comparé à MOZART. Ce qui est complètement stupide car l’Autrichien n’a jamais pu enchaîner deux tops, et a toujours été nul au ping !

Non, restons rationnels. L’explication des qualités de Jan-Ove est toute simple. Tout le monde sait que les Dieux de l’Olympe descendent parfois sur terre, et prennent forme humaine pour se mêler au peuple. De temps en temps pour faire la guerre, ou pour boire une bière. Mais en fait, le plus souvent, surtout pour niquer. ZEUS a donc choisi l’enveloppe corporelle de Jan-Ove, juste pour se divertir et jouer au ping. Entre deux bastons avec CRONOS.

Wolfang Amadeus WALDNER

Wolfang Amadeus WALDNER

Dès sa prime enfance le petit WALDNER châtie tout le monde. Rapidement propulsé en équipe nationale suédoise, il glane les titres de vice champion d’Europe cadets en 1979 et 1980, puis de champion d’Europe junior, avec la triple couronne (forcément suédoise) en 1981, 1982 et 1983. Il dispute surtout sa première finale des championnats d’Europe sénior à seulement 16 ans, en 1982, contre son frère d’arme et mentor Mikael APPELGREN. Montrant à tous, que même au ping, la valeur n’attend pas le nombre des années. Et devenant instantanément l’idole de moult jeunes apprentis pongistes.

La tête de Seum en 1982, dans les bras de ce petit branleur d’APPELGREN

La tête de Seum en 1982, dans les bras de ce petit branleur d’APPELGREN

S’en suivra une carrière exceptionnelle. Un bâtiment entier de la SVERIGES RIKSBANK, à Göteborg, sur quatre étages, renferme toutes ses coupes, médailles, et trophées. Presque toujours en or. Rarement en argent.

Relit le palmarès (cligne des yeux maintenant, car dans quelques lignes ça va piquer):

- une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, et une médaille d’argent en 2000 aux JO de Sydney ;

- deux titres de champion du monde en simples (1989, 1997), trois titres de vice-champion du monde en simples (1987, 1991, 1995), et deux médailles de bronze (1993, 1999) ;

- quatre  titres de champion du monde par équipes en 1989 1991, 1993, 2000, et trois titres de  vice champion du monde par équipes en 1983, 1985, 1987

- Un seul titre de champion d’Europe (1996) mais deux médailles d’argent (1982 ,1994) ;

- sept fois champion d’Europe par équipes (1986, 1988, 1990, 1992, 1996, 2000 ,2002) ;

- vainqueur de la coupe du monde (1990) et deux fois finalistes (1983,1996) ;

- sept fois vainqueur du top 12 européen (1984, 1986, 1988, 1989, 1993, 1995, 1996).

La légende dit que quand tu embrasses une médaille d’or olympique, elle se transforme en top-modèle de 24 ans aux yeux verts et aux cheveux blonds

La légende dit que quand tu embrasses une médaille d’or olympique, elle se transforme en top-modèle de 24 ans aux yeux verts et aux cheveux blonds

La tête de file d’une génération suédoise incroyable avec les Mikael APPELGREN, Jörgen PERSSON, Erik LINDH, Peter KARLSSON, Jonny AKESSON, et autre Thomas von SCHEELE… Ils étaient beaux, ils étaient blonds, ils sentaient bon le top-spin chaud. Et ces derniers romantiques du tennis de table firent souffler un vent nouveau sur la planète ping. Qui décoiffa tout le monde, y compris (et surtout !), les Chinois, pendant une bonne décade. De leur premier titre de champions du monde par équipes en 1989, jusqu’au dernier en 2000. L’un des faits d’arme les plus glorieux : la première victoire collective contre l’équipe de Chine, en 1989. Jan-Ove y aura fissuré la grande Muraille et pour quelques années.

La Suède insolente de talents mais en short ridicule

La Suède insolente de talents mais en short ridicule

Mais la rumeur de ses exploits n’arrivait dans les chaumières qu’au compte-goutte. Pas de réseaux sociaux, pas d’internet, à l’époque. Et déjà rien à la télévision niveau ping. Il fallait attendre les comptes-rendus laconiques dans France Tennis de Table, avec de rares photos pourries en noir et blanc. Quelques vidéos circulaient sous le manteau, de vieilles cassettes VHS à l’image douteuse et tremblotante. Et on te racontait, qu’on t’avait raconté, que si, si, à un moment, Jan-Ove avait mis un point dingue, en défendant de dos, à 10 mètres de la table, à l’aveugle, la main gauche sur la séparation, contre Jean-Michel SAIVE…

France Tennis de Table 1983

France Tennis de Table 1983

Comment décrire le jeu de WALDNER?  Pas facile. Car, il était le jeu... On a plus vite fait de faire la liste de ce qu’il ne sait pas faire au ping, que de ce qu’il pouvait faire. Oui, page blanche... Difficile de ne pas verser dans le superlatif. Excellent serveur. Excellent remiseur, un poignet incroyable, en chop courte ou en flip, dans toutes les positions. Premier démarrage solide. Contreur hors pair : ah, ses blocs coupés, ah,  ses claquettes revers… Une capacité d’improvisation, d’innovation, de variations, de placements là où il fallait, quand il fallait. Surtout là précisément où l’adversaire ne l’attendait jamais... Quand la vie te semble maussade et triste, clicke donc sur Youtube et revisionne ses best-of ; ça reste le meilleur des anti-dépresseurs !

JOW, huile sur toile, 1991 (anonyme)

JOW, huile sur toile, 1991 (anonyme)

Alors oui, comme tous les génies et les grands hommes, il a sa part d’ombre et ses petits défauts et imperfections : une forme d’inadaptation à la vie en dehors du ping, une relative timidité expliquant une  aisance médiatique moyenne, une tendance au petit boulard, avec l’arrogance et la suffisance des plus grands (mais uniquement réservée à ceux qui ont fait le grand chelem Champion Olympique/du Monde/et de la Coupe du Monde). Quelques addictions à la roulette, aux tripots, à la binouze, et au Mac do, expliquant ses deux valises de 10 kg en trop qu’il porte autour du bide actuellement… Mais la vie quotidienne n’est pas toujours simple quand tu es tout à la fois un Mythe et une Légende. Ses  ailes de géant l’empêchaient parfois de marcher sur la terre des Hommes (oui, parfaitement, comme l’albatros de Charles BAUDELAIRE). Mais dès lors qu’il entrait dans une salle de ping, il respirait l’air ambiant, les déployait et s’envolait. Atteignant les sommets.

Attention, il va décoller !

Attention, il va décoller !

Petite anecdote : lors d’une compét dans les années 90, à l’issue d’un point exceptionnel de Jean-Philippe GATIEN, il était venu le féliciter et lui dire que c’était vraiment incroyable, et que cette balle entrait directement dans son top 10 des points les plus dingues qu’il avait vu dans le monde…Ce qu’il n’avait juste pas précisé c’est les 9 autres points, c’est lui qui les avaient marqués...

Si tu trouves qu’on ne lui pas encore suffisamment léché le derrière au cours de ce portrait, tu peux continuer, il existe également en timbre-poste !

Si tu trouves qu’on ne lui pas encore suffisamment léché le derrière au cours de ce portrait, tu peux continuer, il existe également en timbre-poste !

Un grand merci pour tout Jan-Ove.

Merci d’avoir inspiré et donné envie à toute une génération.

Une génération de gros losers, certes. Mais tu auras eu le mérite de nous mettre des paillettes dans les yeux. Et des moulures au plafond de nos salles de ping.

Pour l’éternité.

Ce qui est remarquable, c'est qu'au ping, toute ton existence, tu conserves ce regard d’enfant, le regard de Jan-Ove.

Ce qui est remarquable, c'est qu'au ping, toute ton existence, tu conserves ce regard d’enfant, le regard de Jan-Ove.

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Le plus gros, et sans contestation, aucune, le plus BEAU coup droit du circuit mondial.

Monsieur XU fait partie des rares  élus entrés directement au panthéon de la Hérain. Xin est ainsi l’un des très rares privilégiés autorisés à pouvoir s’asseoir directement à la table de Michael MAZE, de Koki NIWA et de Benoît VAQUIER. Repas de gauchers. Forcément ça envoie du zit et de la sifflante au dessert.

Le survêt qu’il mériterait de porter à chaque match

Le survêt qu’il mériterait de porter à chaque match

XU Xin naît le 8 janvier 1990 dans la province de Jiangsu. Enfant gracile, aux traits fins, et aux longs membres élancés, c’est sûr depuis le début, pour sa mère, il sera un artiste. Mais bon, la sculpture et la poterie le saoulent. Après avoir fait l’effort, et moulé les 8000 statues en terre cuite de la province du Shaanxi, il rend son tablier.

Merci Xin, beau boulot, c’est vraiment très impressionnant !

Merci Xin, beau boulot, c’est vraiment très impressionnant !

Sa  mère le colle alors à la calligraphie sur soie et à l’aquarelle. Trop statique, trop facile : punaise, ça le gave aussi. Heureusement, le petit Bouddha, LIU Guoliang, de passage à Cajarc, et en mission de détection, remarque sa vista et sa dextérité aux pinceaux. Ainsi qu’avec les baguettes lorsqu’à la pause du midi, le petit XU se plaît à jongler avec les grains de riz.

Très joli support monsieur Xin.

Très joli support monsieur Xin.

LIU Guoliang lui glisse alors une raquette entre le pouce et l’index de la main gauche. La révélation !!!

Jamais prise porte-plume n’aura si bien portée son nom. Le jeune Xin, comme avec son crayon sur le parchemin, se met d’emblée à dessiner des arabesques avec la pointe de sa palette. Avec moult grâce et légèreté. Et il traverse les aires de jeu avec la souplesse et la vitesse d’un félin. Le fils naturel d’une panthère asiatique et d’un guépard aux yeux plissés. Oui, il est là le MOWGLI chinois.

Un diamant brut. Que Liu va polir, lentement et consciencieusement, dans les académies de Pékin et de Shangaï.

Mais sans jamais pouvoir dresser, ni dompter, l’indomptable.

Quand tu t’es fait ta team MPG

Quand tu t’es fait ta team MPG

A 14 ans Xin décroche son premier titre majeur, de champion du monde cadet. S’en suivront une collection et des guirlandes de médailles incroyables en Open et compétitions internationales, avec en vrac, 8 médailles d’or aux championnats du Monde (dont 3 par équipes et 5 en doubles), un titre de champion olympique par équipes en 2016, une Coupe du Monde, deux coupes d’Asie... La concurrence est pourtant super-relou pour parvenir à se faire sa place en équipe de Chine : entre les ZHANG Jike, MA Long, WANG Hao et autre FAN Zhendong…

Parfois l'impression pour l'adversaire en face qu'il a 5 mains et 5 raquettes...Ben en fait, ça n'est pas une impression.

Parfois l'impression pour l'adversaire en face qu'il a 5 mains et 5 raquettes...Ben en fait, ça n'est pas une impression.

Lors de ses récitals, XX s’appuie sur un excellent service, mais avant tout et surtout, sur un coup droit dévastateur, fulgurant, puissant, rotationnant…Et ça part bras tendu, avec une balle qui tourne à 12 000 tours minutes, une vitesse stratosphérique, avec des arrondis, et des trajectoires incroyables. L’artillerie et la balistique Chinoises s’en inspirent. Il balaie toute la table et l’aire de jeu du coup droit. Récupérant la balle dans toutes les positions, y compris dans ses chaussettes. A tel point qu’on en oublie qu’il peut également jouer du revers… Ses qualités de défense balles hautes sont énormissimes. Son toucher de balle hallucinant. Il est accessoirement le roi du petit gris-gris sous la table. Et le prince du chambrage, avec parfois une dégaine de petit branleur. Il est surtout  capable de repartir en top/top, à 12 mètres de distance, dans les bâches, ou après s’être assis sur un tabouret de la buvette….

Tiens, régalade : https://www.youtube.com/watch?v=a0nc8QEwQac

Sans maîtrise, la puissance n’est rien

Sans maîtrise, la puissance n’est rien

Longtemps relégué à une place d’Empereur du double, Il occupe depuis quelques mois, en simple, la première place mondiale, son vrai niveau. Bénéficiant un tout petit peu des blessures récurrentes de MA Long, du retrait de ZHANG Jike, et d’un très léger coup de moins bien de FZD. Qu’il se grouille quand même avant l’éclosion et l’arrivée définitive sur le marché Chinois de tous les petits nouveaux et des pépites, les WANG Chuqin, LIANG Jingkun et autre LIN Gaoyuan...

Alors certes, parfois il se troue, ou réalise des contre-performances d’anthologie (on a tous en mémoire, nous, petits français, la défaite contre Simon GAUZY en 1/8ème de finales des championnats du monde). Mais, à la différence de ses autres compatriotes, il montre qu'il est encore humain. Et que sous sa carapace de champion du soleil levant, bat et frémit encore un petit cœur.

Rarissime pour un joueur Chinois : sous ce petit poing droit un cœur bat encore à 75 pulsations par minute.

Rarissime pour un joueur Chinois : sous ce petit poing droit un cœur bat encore à 75 pulsations par minute.

Qu’il profite et se dépêche tout de même : peut-être que 2020 sera enfin son année. Avec à la clé un titre olympique en simples. On lui souhaite. Vraiment. Car il le mérite.

Et quand  le Xin s’éveillera, le monde tremblera. Alain PEYREFITTE, visionnaire pongiste, l’avait déjà écrit dans un petit essai, passé à la postérité, il y a 46 ans.

Rendez-vous donc à Tokyo l’an prochain XX !

Le futur champion olympique.  Posey. OKLM…

Le futur champion olympique. Posey. OKLM…

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Il a 33 ans. L’âge de Jésus. Mais quand il a fini sur la croix.

Pourtant VOSTES de Nazareth, lui, n’est pas descendu sur terre pour racheter les péchés du monde. Non... Il est juste là pour évangéliser les pongistes récalcitrants. Mais à grands coups de tops-spins frappés dans la gueule.

Jésus VOSTES : le croisement d’un ange de BOTICELLI et d’un bûcheron canadien

Jésus VOSTES : le croisement d’un ange de BOTICELLI et d’un bûcheron canadien

Car Jésus VOSTES n’est pas né à Bethléem mais en Wallonie. Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague. Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues… Dans ce plat pays qui est le sien.

Il voit le jour un 25 décembre. Dans une crèche-cafétéria. Entre un âne, dont il chopera le caractère légèrement têtu. Et un bœuf, dont il aspirera la force physique. Les rois mages Jean-Mi SAIVE-BALTHAZAR, Phil SAIVE-MELCHIOR et Martin BRATANOV-GASPARD déposeront dans son berceau la myrrhe et l’encens. Mais surtout une raquette de ping. Confectionnée par les mains même du Saint Père. Dans du bois Stiga. Et recouverte de plaques gommées. Mais à l’eau bénite.

Yannick et les rois mages

Yannick et les rois mages

Le jeune VOSTES utilisera cette palette chrétienne très vite, et à bon escient. Dès sa première compétition, à 7 ans, à Bruges. Il défonce tout le monde à grands coups de tatanes (ça restera une constante pour le reste de sa carrière). Mais surtout en marchant sur l’eau ! Premier miracle ! Puis les évènements extraordinaires s’enchaînent. Il transforme l’eau en vin. Et devient ainsi le Messie de toutes les buvettes d’Outre-Quiévrain... On se l’arrache et on l’invite partout. Sur chaque compétition il est obligé de multiplier et de distribuer les pains. Mais dans la face des adversaires... Il appose ses mains et fait remarcher les paralytiques (ou « joueurs flamands », c’est pareil). Il guérit les écrouelles de tous ses lépreux d’adversaires. Il redonne la vue aux arbitres wallons. Il chasse les marchands Butterfly du temple. Et il rétablit même l’audition des présidents de clubs, toujours victimes de surdité aiguë au moment des négociations salariales.

Le plus grand miracle de Yannick de NAZARETH

Le plus grand miracle de Yannick de NAZARETH

Mais alors que Yannick achève ses études de charpentier, on lui propose, au même moment, de prendre un poste de consultant goûteur/testeur pour Coca-Cola, et d’intégrer l’équipe nationale Belge de tennis de table. Cruel dilemme... Mais Monsieur VOSTES décide finalement de s’orienter alors vers une carrière de pongiste professionnel. Avec de jolis titres de gloire : médaille de bronze aux championnats d’Europe par équipes en 2008, champion de Belgique en 2010. Après deux années chaotiques suites à des lombalgies chroniques, il parcourt dès 2012 le vieux Continent. Sans ses 12 apôtres, mais toujours pour répandre la bonne parole : l’Allemagne, la Suède, l’Angleterre, la Hollande, la France, la Belgique Que de chemins parcourus.

« Et quand je sers rentrant lifté la balle revient à peu près à cette hauteur là ! »

« Et quand je sers rentrant lifté la balle revient à peu près à cette hauteur là ! »

Car il est le joueur européen par excellence. Le fils caché, et spirituel, de Alcide de GASPERI, Robert SCHUMAN, Jean MONNET, et Konrad ADENAUER. Oui, quand les énarques parisiens peinent à aligner deux mots d’anglais, lui parle six langues (français, flamand et hollandais, allemand, anglais, quelques bribes de suédois, et même un peu de tchèque quand il faut négocier les courses au supermarché le dimanche matin avec madame VOSTES). Mais le langage qu’il maîtrise le mieux,  ça reste encore le ping-pong. Et notamment le fouettage coup droit de la balle plastique. Toujours servie délicatement rentrante, et finement coupée, au préalable.

Juste trois options : 1/ remettre dans le filet, 2/ remettre dehors, 3/ remettre une balle-cathédrale pour prendre une chataîgne

Juste trois options : 1/ remettre dans le filet, 2/ remettre dehors, 3/ remettre une balle-cathédrale pour prendre une chataîgne

VOSTES est amour. Mais il est aussi multi-appartenant. Son cœur est ouvert à tous. Attention, loin du trip des hippies des seventies : sa raquette Durandal guerroie à mille pour cent pour chaque club dans lequel il pose ses multiples sacs Leclerc (car il voyage toujours avec sa maison dans son coffre de voiture). Ce multiclubisme choque et horripile certains. Surtout les Judas du ping-pong. Qui fréquentent plutôt des clubs échangistes. Et qui ne connaissent pas grand-chose rien à l’économie pitoyable du ping-pong. Ni aux galères et tracas quotidiens des joueurs qui n’évoluent pas dans le top 50 mondial. Car ces athlètes se contenteraient bien volontiers d’une seule association sportive, s’ils n’étaient obligés de béqueter à tous les râteliers, justement pour manger à leur faim.

Niveau calorique d’ailleurs, madame VOSTES a récemment collé son mari au régime. Depuis que la petite aiguille de la balance est restée bloquée dans la salle de bains.

La nouvelle balance chez les VOSTES

La nouvelle balance chez les VOSTES

Monsieur VOSTES n’est pas le roi des Juifs ni de Babylone. Mais il est par contre le Prince d’Ochsenhausen ! Le super champion des Superseries : tournoi sur invitation aux confins de l’Allemagne. Là-bas il a sa place de parking perso ; sa chambre attitrée,  parfumée au jasmin. Avec un lit sur mesure. Et il n’y mange que dans de la vaisselle d’argent floquée à ses propres armoiries.

Il n’a toujours pas rencontré le Ponce PILATE qui le clouera sur une table Cornilleau. Et il a encore quelques belles années de joueur devant lui. Avant de devoir gravir le mont GOLGOTHA.

Ce jour  là il réunira une dernière fois ses apôtres. A fin du repas en leur rendant grâce et en les bénissant, il prendra les pains. Et les distribuera dans la face de tous ses disciples. En leur disant : « Prenez et mangez tous. Dorénavant vous ferez cela devant les tables en mémoire de moi ».

« Non, arrêtez de déconner les gars, rangez les bières et le vin blanc, maman est là, ce soir c’est haricots verts »

« Non, arrêtez de déconner les gars, rangez les bières et le vin blanc, maman est là, ce soir c’est haricots verts »

Pour Carlo LEVI, le Christ s’est paraît-il arrêté à EBOLI. Mais il aura fait une halte, au préalable, en Nationale 1, à Amiens. Avant de poursuivre la saison prochaine vers Lille. Puis à n’en pas douter, vers d’autres destinations… Car tant que l’envie et le plaisir seront  là, Yannick VOSTES continuera à parcourir la plaine fumante, qui tremble sous juillet.  Quand le vent est au rire, quand le vent est au blé, écoutez-le chanter…

Dans ce plat pays, qui est le sien.

A tantôt Yannick VOSTES !

A tantôt Yannick VOSTES !

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Ne lui demande pas de te dessiner un mouton. Car il va te tracer une table de ping avec des croix et des flèches dans tous les sens. Tactique et placement, comme labourage et pâturage : les deux mamelles du jeu français. Mais avec la fantaisie et la touche de balle en plus pour SIMGOZ !

Simon GAUZY sort donc de sa coquille le 25 octobre 1994 à Toulouse. Les fées se penchent très tôt sur son berceau. C’est la sœur de la fée Carabosse et d’Aleksandar, la fée Karakasevic (classée 9, Auch), qui lui envoie le petit coup de baguette magique. Mais encore à 3 grammes, elle se foire, queutte son coup, et lui greffe une raquette Cornilleau au bout de la main droite…

Cet attribut étrange va générer des débuts dans la vie, pas toujours faciles-faciles, pour le petit Simon-Edward, aux mains d’argent. Car essaie de t’habiller, d’écrire, ou de jouer à la play-station avec une palette de bois au bout des doigts ! Heureusement, et finalement, très vite cette petite excroissance va devenir un atout décisif : à l’école, pour déposer les plats et faire le service de rab à la cantoche ; à l’apéro pour y couper le saucisson ; au PMU pour remplir sa grille de Tacotac ; dans la voiture pour faire pare-soleil…

Quand il te regarde comme ça, t'as tout gagné

Quand il te regarde comme ça, t'as tout gagné

Mais la vraie révélation va se produire quand le petit GAUZY va pénétrer pour la première fois dans une salle de ping-pong : un rayon lumineux frappe alors son visage, et les anges se mettent à chanter. Depuis ça continue. Et c’est d’ailleurs super-chiant pour les gars qui jouent à côté en raison des faux jours et du bruit que ça génère !

Simon a grandi. Il  maîtrise maintenant  à la perfection ce demi-cercle de bois plissés et collés. Qui n’est plus que le prolongement naturel des muscles de son avant-bras et de ses réseaux neuronaux. Manipulé tout en finesse et en délicatesse. Il caresse désormais la balle comme les cheveux des filles. Et il envoie désormais plus de chopes que la fête de la bière à Munich. Il distribue les balles avec la dextérité, la vitesse et la précision du croupier de Las Végas avec les cartes.

Il accumule ainsi les victoires et les titres dans les catégories jeunes : champion de France benjamin (2005) puis cadet (2007), champion d’Europe cadets (2009), médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (2010), champion de France sénior (2013)…

Mais les jalousies s’attisent. Un matin on tente de le perdre dans la forêt avec ses frères. Mais toujours futé, il sème des balles plastiques Butter G40 sur le parcours, comme de petits cailloux (la même sensation d’ailleurs quand tu joues avec). Ils échappent ainsi à l’ogre et retrouvent facilement le chemin de la maison. Le druide Philou MERLIN-GATIEN le prend alors sous son aile pour le couver à Levallois. Mais ses parents doivent livrer, à domicile, un terrible combat contre Celui-dont-on-ne peut-dire-le-nom-mais-qui-travaille-à-la-fédé. Simon échappe au Lord VOLDEMORT du ping, ainsi qu’à la cicatrice sur le front, et au port de lunettes cerclées en métal (la chance !). Mais il se retrouve placé dans un petit train à vapeur : direction la POUDLARD academy, à Ochsenhausen ! Là il croise le bois et la baguette des sorciers de tous les pays, mais de très haut niveau. Il progresse spectaculairement dans le jetage de sorts à ses adversaires. Ainsi que dans la confection de potions magiques à base de houblon fermenté.

Exercice n°1: mettre en lévitation la balle avec le seul pouvoir du regard

Exercice n°1: mettre en lévitation la balle avec le seul pouvoir du regard

Il reprend sa marche en avant : médaille de bronze aux championnats par équipes 2015, vice-champion d’Europe en simples 2016…

De petits accrocs cependant, par-ci, par là, dans sa tunique de magicien par encore totalement parfaite : des prises de tête lors de certains matchs avec un fair-play digne d’un Séverus ROGUE , du body language de loser quand ça va mal, un narcissisme parfois exacerbé (mais il en faut pour être un très grand) et une trop forte appétence pour les réseaux sociaux et les pièges des trolls…

Mais beaucoup de sérieux dans la préparation, oui, ça bosse énormément. Beaucoup de qualités et d’intelligence, notamment dans la gestion de carrière. Et ça parle anglais, et ça parle allemand, avec  une belle aisance pour le show, les interviews, les caméras... Entretemps Simon a rencontré sa Jenny WEASLEY. Qui a mis au monde l’héritier… Tout cela remet du plomb dans la tête. Qu’avec la pierre philosophale, il a récemment transformé en or. Sa quête de popularité continue donc de monter dans le petit milieu pongistique français et mondial. Et encore plus depuis son ¼ de finale aux championnats du monde 2019, marqués par sa victoire, 4/2, à la régulière contre le mangemort Xu XIN, en 1/16ème de finale.

Car c’est le but ultime : la médaille aux Mondes et aux Jeux Olympiques.

Mais d’ici là il faudra continuer à tordre beaucoup de moldus et de sang-de-bourbes.

Et comme lui a déjà dit à l’oreille Albus DUMBLEDORE : il faudra encore avoir encore beaucoup de courage pour affronter ses ennemis. Et plus encore pour affronter ses amis.

Tokyo, photo de la fin de la finale des JO 2020

Tokyo, photo de la fin de la finale des JO 2020

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Depuis la disparition de Jean Philippe SMET, Jean-Michel SAIVE est désormais le plus grand Belge de tous les temps.

Il a commencé à jouer avant ta naissance. Il continuera après ta mort.  Car il est immortel.

Il est le Connor Mc Leod du Ping-Pong. Le Highlander de Wallonie.

Jean-Michel SAIVE voit le jour le 17 novembre 1969. Il naît sans sa raquette, car pas la place dans l’utérus maternel, déjà bien rempli par le sac Stiga. Mais son cœur est déjà gros comme ça. Et sa condition physique hors norme. A peine né, il entame une compét de tir à la corde avec le gynécologue. A mains nues, avec le cordon ombilical.

Jean-Michel développe également très tôt des qualités mentales exceptionnelles. Apprenant à conserver son sang-froid et son self-control en toutes circonstances. Car il grandit dans les années 1970-1980, à une époque où Michel COLUCCI, en tee-shirt jaune et salopette bleue, raille et massacre ses compatriotes d’outre-Quiévrain dans des sketchs lourdingues. Mais qui ne font rigoler que les français.

Nageant tel un poisson dans l’eau, monsieur SAIVE souhaite s’orienter initialement vers le Water-polo. Mais dommage, "les wallons ont noyé tous leurs chevaux" (rires gras parisiens).  Le ski nautique le tente également. Mais, difficile, "car pas de lacs en pente en Belgique" (re-rires gras français). Voilà…C’était le niveau… Le président MACRON devrait prochainement présenter ses excuses à toute la Belgique. Au nom du respect.

Tu t'es toujours demandé à quoi pouvait ressembler la volonté, pure, en photo. Voilà.

Tu t'es toujours demandé à quoi pouvait ressembler la volonté, pure, en photo. Voilà.

Mais revenons à Jean-Michel… Le 21 juillet, lors de la Belgische nationale feestdag, le vendeur se trompe et lui glisse dans la main droite, non pas un cornet de frites (nouveaux rires gras), mais une raquette de ping. Et ce sera la révélation. Jean-Michel, dès le lendemain commence à s’entraîner comme un chien. Ou plutôt comme le chien de son chien. Et il prend le nom de Jean-Mi (il va trop vite, on n’a plus le temps de prononcer la dernière syllabe). Il débute tous les jours à 6 heures du matin, en courant un marathon de 42,5 km. Puis il se vide les tripes 3 heures durant devant les paniers de balles de maître Dayong WANG. Enchaînant ensuite avec 90 km de vélo eddymerckxiens, entre midi et deux. Puis viennent les séances de matchs entre 14h et 17 heures, sans pitié. Contre entre autres, son frère Philippe, les CABRERA et autre Martin BRATANOV. Car à la fin il ne peut en rester qu’un. Et c’est toujours Jean Mi… Il termine enfin sa journée, pour se délasser, en faisant quelques longueurs de piscine ; 8 kilomètres, pour être précis. Oui, on peut dire que monsieur SAIVE est l’inventeur du triathlon.  

Mais cet entrainement de forçat belge paye. Lors de ses premiers championnats d’Europe cadets, en 1984, il plie ses adversaires un par un. Et urine sur toute la concurrence du vieux continent. Un artiste immortalisera cette scène. Et la sculpture de Jean-Mi trône désormais en plein centre de Bruxelles. Pour l’éternité : le Maneken Ping.

Jean-Mi, le Maneken Ping (Rue de l'étuve, Brussels)

Jean-Mi, le Maneken Ping (Rue de l'étuve, Brussels)

Vient ensuite la montée de SAIVE. Il grandit en même temps que son ping-pong. Et les coupes et médailles commencent à pousser autour de son cou, et à l’extrémité de ses mains. Comme les fleurs de la réussite et du renouveau sur les branches des cerisiers au printemps.

Outre un énorme top spin coup droit, sa principale qualité réside surtout en une volonté hors du commun. Le fight lui coule dans les veines. Comme la lave en fusion sur un volcan. Il joue sa vie sur chaque échange. Et il s’arrache le cul, et le reste aussi, sur toutes les balles. A 19 partout à la belle, il court après la victoire comme un pitbull après son os. Il a des nerfs d’acier, et des testicules d’un métal encore plus résistant. La NASA wallonne les a d’ailleurs biopsiés. Pour, à partir d’elles, élaborer l’alliage à partir duquel ils construiront leur première navette spatiale. Quand ils décideront de s’y mettre... Pour information, un reproduction de cette molécule de métal Saivien est visible sous la forme d’une sculpture géante, à Laeken, sur le plateau du Heysel.

La molécule du métal gonadique saivien

La molécule du métal gonadique saivien

Avec son bandeau dans les cheveux et son short remonté, il cultive un look, mix de Rambo en barboteuse et de Robert de NIRO guerroyant au Vietnam. Mais qui sur chaque match voyage au bout de l’enfer. Et avec ses 90% de transpiration et ses 90% d’inspiration (oui, c’est monsieur 180%), viennent le premier titre de champion de Belgique en 1985 (il en accumulera 26 !), de champion d’Europe sénior en 1994, et de vainqueur du top 12 en 1994. Il remporte l’Open de Chine en 1993, dans le pays du ping, atteignant la finale des championnats du monde individuels la même année. Il restera deux ans à la première place mondiale entre 1994 et 1996. Et il participera à 7 Jeux Olympiques et à 20 championnats du Monde…

Oui, après cela tu peux songer à raccrocher. Et aller glander en buvant des pina colada, vautré sur des plages des Tropiques.

La guerre du Vietnam. Sur chaque point.

La guerre du Vietnam. Sur chaque point.

Mais pas Jean-Michel. Car il est toujours en sur-activité, partout et sur tous les terrains. Encore maintenant. Continuant à jouer en superdivision et en coupe d’Europe au Logis Auderghem. Cumulant des responsabilités à la fédération Belge, au Comité Olympique, à l’ITTF, et sur les plateaux de télévision. Même dans la chanson ! (mais on a préféré oublier par respect pour le 4ème art).  Car il a réussi à donner au tennis de table une exposition médiatique dans son pays, à nulle autre pareil. Sur son seul nom il remplit les salles de Ping. Alors oui, malgré un fair play légendaire, son côté boulimique, son fort caractère, ses cris et ses penchants Comedia del arte, peuvent en irriter certains. Mais seuls ceux qui ont fait quelque chose de leur vie ont des ennemis.

Et rappelons qu’il a déjà joué contre DIEU. A plusieurs reprises. Et l’a souvent battu.

Notamment en finale des championnats d’Europe 1994 : victoire 3/1 contre Jan-Owe WALDNER...

Grâce à lui le Paradis est désormais équipé en Cornilleau 740.

On aura de quoi s’occuper pour l’éternité.

A tantôt Jean-Mi.

Quand la buvette annonce une pression offerte pour une pression achetée !

Quand la buvette annonce une pression offerte pour une pression achetée !

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Samsonov ?  Ça signifie  « Elégance » en russe.

Da... Monsieur SAMSONOV, tu  l’as toujours connu.

Une figure inamovible du tennis de table européen, mondial. Et interplanétaire. Un phare, une balise, dans notre nuit pongiste.

Il jouait avant la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS, et ta naissance. Il joue toujours là, 30 ans après. Un talent et une longévité incroyables. Et surtout au plus haut niveau.

Vladimir ne prend pourtant pas de bains de formol. Mais de vodka.  Et visiblement, ça conserve tout aussi bien.

Capable de mettre en lévitation une balle, par le simple pouvoir de l'esprit

Capable de mettre en lévitation une balle, par le simple pouvoir de l'esprit

Le petit Vladi SAMSONOV voit le jour le 17 avril 1976. Dans une datcha de la banlieue de Minsk. Dans un pays où les gens sont communistes, ont froid, et portent des chapeaux gris et des chaussures à fermeture éclair.

D’emblée Vladimir domine son monde. Dés l’âge de 5 ans, le petit moujik mesure 1,80 m. Et habile guetteur, il voit arriver de loin, dans la toundra, le livreur de spiritueux. Un avantage énorme dans ce pays où tu attrapes plus facilement la cirrhose qu'un rhume. Car le drame en URSS ça n’est pas la vodka ; le vrai drame c’est quand il n’y a plus de vodka.

Sa mère aurait pourtant rêvé qu’il devienne danseur étoile au Bolchoï. Mais Vladimir n’est pas trop justaucorps moulant en lycra. En plus, il est souple comme un verre de lampe. Ses parents envisagent donc un temps de l’envoyer faire la vigie, à la proue du cuirassier POTEMKINE.

Vladi, le petit cosaque

Vladi, le petit cosaque

Mais son prof d’EPS de l’époque, Alexei CESACREÏBOV, après une première séance de ping-pov  décèle chez lui des qualités incroyables : d’anticipation, et de tacticien. Avec son physique arachnéen et ses bras immenses, Vladimir couvre déjà toute la table. Comme les araignées il a développé une vision à 360°, en a la dextérité, et le caractère impitoyable. Et comme elles, il adore tisser des toiles dans lesquelles viennent s’empêtrer ses adversaires ; et il peut ensuite les torturer à sa guise (il ne peut renier ses origines slaves). Alexei fait donc des pieds et des mains pour empêcher l’entrée du petit SAMSONOV en école militaire. Et il l’incorpore dans son académie pongiste. Le petit Vladi peaufine sa technique et continue à envoyer du caviar. Forcément à la louche. Sa progression est fulgurante. Il devient pour la première fois champion d’Europe cadets en 1989, puis junior en 1992 et 1993.

Vladimir, huile sur toile. Peinture de la Renaissance (anonyme)

Vladimir, huile sur toile. Peinture de la Renaissance (anonyme)

SAMSO va alors commencer son gigantesque périple, et promener sa nonchalance et sa grande carcasse de gentleman-farmer et d’aristocrate biélorusse, pendant un quart de siècle dans les salles du monde entier. Avec, certes, un physique à la Averell DALTON, mais avec la ténacité de Joe. Donnant paradoxalement toujours l’impression qu’il évolue à 2 à l’heure, comme un paresseux sur sa branche. Mais punaise il est sur toutes les balles !!! Une capacité d’anticipation phénoménale... Déjà adolescent, à peine arrivé en boîte, alors que ses potes se jetaient sur le bar, il ouvrait un tableau excel colligeant toutes les caractéristiques et les 06 des filles du dancing. Un sens aigu de l’anticipation et de l’organisation.

Il gère d’ailleurs ses matchs comme des parties d’échec. Et il avance lentement ses pions et ses services lancés, comme le Gary KASPAROV du contre qu’il est. Pour, bien sûr, finir par mettre ses adversaires échec. Et mat.

Son palmarès est incroyable : vice champion du monde en 1997, triple champion d’Europe (1988,2003,2005), quadruple vainqueur du top 12 européen (1998,1999,2001,2007), triple vainqueur de la coupe du monde (1999,2001,2009). Il se hisse encore en ½ finale des JO en 2016 ! À 40 ans !

Oui tu auras noté que Vladimir aura soulevé plus d’or et d’argent que n’importe quel agent de la BRINKS. Et ses matchs et coups de pattes continuent toujours d'enflammer le public.

1. e4 e5 2. Dh5 Cc6 3. Fc4 Cf6 4. Dxf7 Mat. Dans ta face le coup du Berger!

1. e4 e5 2. Dh5 Cc6 3. Fc4 Cf6 4. Dxf7 Mat. Dans ta face le coup du Berger!

Il aura passé toutes les modes, et toutes les réformes avec le flegme et la classe du tsar du ping qu’il est . Il aura survécu au Disco, au Ska, à la New Wave, et à la Tektonik, ainsi qu’au passage aux sets de 11 points, à l’arrêt de la colle, de la balle de 38, et au passage aux balles plastiques…

Il est indestructible. D’une résistance (l’acier russe !) et d’une intelligence supérieure. Il parle 6 langues (russe, anglais, allemand, croate, espagnol,  plus ping-pong). Et est aussi à l’aise pour prendre une bière à la taverne du coin avec deux gars classés 10, que le thé au palais de Buckingham avec la reine-mère. Quand il le croise Dmitri MEDVEDEV se colle contre le mur et claque des talons. Et s'il croise son regard, c’est Vladimir POUTINE qui baisse les yeux…

Oui Vladimir SAMSONOV est un très très grand Monsieur. Et pas seulement par la taille.

Il aura marqué de son empreinte, et de son knout, la fin du XXème et le début du XXIème siècle pongiste.

A priori on partira avant lui.

Mais qu’est ce qu’on va chialer quand il prendra sa retraite. De Russie...

Spassiba Vladimir.

 

La retraite ?!?.... Mouhaha !!!!

La retraite ?!?.... Mouhaha !!!!

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Koki, ne rit que quand il se brûle

Koki, ne rit que quand il se brûle

Il est une énigme.

Probablement l’un des plus gros talents que la terre pongiste ait porté. Mais pourquoi l’avoir enfermé dans un si petit corps ? Et pourquoi diable la fédé japonaise se complaît-elle à toujours lui filer des tee-shirts trois fois trop grands ?!?

Il nage toujours dans un maillot Mizuno, qui pend négligemment au dessus de son short.

Et il flotte donc dans son tee-shirt. Et souvent, comme un fantôme dans l’aire de jeu.

Car s’il est bien présent physiquement, debout devant la table, fréquemment son esprit paraît ailleurs. Son regard s’égare sur la table d’à côté. Ou du côté de la buvette, qui sert des Capri-Sun.

Ses pensées vagabondent du haut du filet, au bout de la salle. Et parfois, pour son coach, jusqu’au sommet du mont Fuji.

Mais son visage demeure obstinément fermé, presque figé. Enigmatique, impassible, ne traduisant aucune expression, aucun stress, aucune émotion. Limite Asperger.

D'ailleurs parfois il semble aussi concerné par le game qu’un joueur de D4, un dimanche matin, à 9h. Mais le même joueur de départementale qui a passé la nuit en boîte et a dormi sur la banquette arrière de sa C1 sur le parking du Macumba jusqu’à 8h45.

Buster NIWA

Buster NIWA

C'est vrai que parfois il donne l'impression de s'en foutre, mais d'une force... Et son investissement physique dans l’échange s’apparente alors à celui d’un lémurien asthmatique. Ses jambes épaisses comme des baguettes, se plient avec la même souplesse. Son thorax n'est pas plus épais qu'une galette de riz. Mais pourtant il souffle le chaud et le froid sur la table ! Et il stationne dans le top 20 mondial depuis plusieurs années. Se permettant même le luxe de dominer quelques monstres physiques.

Car si certains sentent la balle, lui c’est la balle qui le sent.

Capable de fulgurances phénoménales. De coups et d’inspirations géniales. Entre des blocs shopés coup droit et revers, des tops au rebond du rebond, des revers inversés en mode papillon. Il sert, et il flippe dingue. Et avec son petit bras gauche il envoie des tops d’une violence inouïe. Défiant les lois de la physique quantique avec un si petit volume musculaire.

Bref il fait le bonheur de tous les best-of sur Youtube. Tiens, enjoy : https://www.youtube.com/watch?v=5C-K9_xeM_Q

Son palmarès est  impressionnant : champion du monde junior 2011, champion olympique de la jeunesse 2010, champion du Japon 2013, vice champion olympique par équipe 2016, demi finaliste des championnats du monde par équipes 2012 et 2014. Mais il lui manque toujours un titre majeur dans la catégorie sénior. Et il est capable d’aller en chercher un... Pour Liu GUOLIANG, coach emblématique chinois, il est d’ailleurs le facteur X. Le seul joueur capable de taper ses petits protégés. Il les a d’ailleurs tous battus, les Xu XIN, Zhang JIKE, Ma LONG et consorts, mais jamais sur une seule compèt. Et pour le moment, c'est vrai, il s’est toujours fait déboîter par Fan ZHENDONG.

Finalement son inconstance demeure son plus grand défaut. Car capable de battre un top 5 puis dans la foulée de s’incliner contre un sociétaire de la Hérain. Car le plus grand adversaire de Koki NIWA, c’est lui-même: Koka NIWI, l’ennemi intérieur...

Alors oui, sa nonchalance en déconcerte certains. En irrite d’autres. En insupporte beaucoup. On peut comprendre...

Mais il demeure l’idole absolue de tous les spécialistes de la Hérain est mon Royaume. Pas seulement pour son côté fantasque, incongru, imprévisible. Pas uniquement parce qu’il est gaucher, joue dingue, nous fait toujours rêver, et qu'avec lui il peut toujours se passer quelque chose... Non, surtout parce qu’un joueur qui, mené 10/8 à la belle, tente le bloc coupé suivi du zit coup droit, ne peut être foncièrement mauvais.

Koki NIWA c’est un peu notre Olympique de Marseille à nous. Il nous enthousiasme, nous émerveille, nous rend accro. Pour au final toujours nous décevoir… Mais on continuera de le supporter. Et de l’aimer. Jusqu’à la muerte. Enfin, jusqu’à ce que son visage Keatonesque se décrispe, et qu’enfin un large sourire éclaire son visage.

Quand il deviendra champion olympique, en 2020, à Tokyo.

On sera là!

 

Voilà Koki, c'est ça qu'on veut en 2020 !

Voilà Koki, c'est ça qu'on veut en 2020 !

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Le 21 octobre 2018: un dimanche qui fera date dans l’histoire de l’humanité : les cyborgs règnent désormais sur le monde. Tout au moins du tennis de table.

Cyberdine Systems et son logiciel Skynet auront atteint leur but : Fan ZHENDONG remporte une nouvelle fois la coupe du Monde.

Avec dans le déroulé de sa programmation parfaite : le démembrement de Gustavo TSUBOI 4/0 en 1/8ème de finale, puis la décapitation de Vladimir SAMSONOV 4/0 en ¼ de finale, et ce avant de mastiquer et d’avaler Gaoyuan LIN 4/1 en demi-finale, pour finir par passer Timo BOLL au lance-flammes et à la rôtissoire 4/1 en finale.

Un FZD TT2018, supérieur au Terminator 1000 : inébranlable, inaltérable, imperturbable. Qui sur un week-end aura tabassé tous ses opposants, et n’aura laissé que deux sets à ses adversaires.

Un petit Fan mis au monde le 22 janvier 1997 par les ingénieurs et techniciens en exploitation nucléaire et cybergénétique de  Guangzhou. C’est Liu GUOLIANG qui activera le premier ses circuits électriques. Et qui, après avoir lui avoir fait finir d’ériger les 150 kilomètres restant de la muraille de Chine (14000 blocs de pierre d’une tonne chacun), et creuser à mains nues un canal de 50 kilomètres entre deux bras du fleuve Yang Tsé Kiang, le mettra au practice du tennis de table. En lui faisant topspiner, au panier, dès l’âge de 5 ans des boules de pétanque, puis à l’âge de 10 ans des boules de Bowling. Il lui fera ainsi remporter son premier titre de champion du monde junior 2012 puis de champion olympique de la jeunesse en 2014, de vainqueur de la coupe du Monde 2016 et de champion du monde par équipes 2016 et 2018.

La photo de groupe avant le drame

La photo de groupe avant le drame

Et ce vendredi 19 octobre la société Disney, archétype de la world company, pensait se le mettre dans la poche. En envoyant Sarah CONNOR déguisée dans le costume de Mickey.

Peine perdue : une boucherie. Un massacre pongistique.

Avec sur le week-end, aucun raté dans sa cellule d’énergie thoracique, fonctionnant avec 2 piles à hydrogène (et qui peut rester active durant 120 ans, sans recharge). Aucun déficit de son exosquelette en titane-tungstène. Et un sang-froid à toute épreuve : normal avec l’azote liquide à -180°c qui lui coule dans les veines.

Avec un système de jeu ultra-efficace et hyper-efficient : pas compliqué, il bastonne toutes les balles qui lui passent à portée de bras. Il tatane tout. Il prune chaque bille qui traine. Il défonce tout et tout le monde. La violence à l’état brut. Et quand tu penses l’avoir un peu déporté et mis hors du game, ses cuisses sur vérins hydrauliques l’emmènent tout récupérer.

Il n’a aucun état d’âme. Aucune sensiblerie de fragile.

Il ne connait ni le froid, ni la faim, ni la fatigue. Il n’a ni remord, ni pitié. Il n’a pas été programmé pour ça.

Et il est là pour longtemps.

Dans l’attente du John CONNOR qui lui mettra 3/0…

Le FZD TT2018

Le FZD TT2018

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Il ne joue pas au tennis de table. Il est tennis de table.

Descendu sur terre pour nous évangéliser. A coup de balles celluloïd. Et désormais d’hosties en plastiques.

Une longévité et une régularité incroyables au plus haut niveau. Avec le sentiment que plus il joue et mieux il joue : le Benjamin BUTTON du ping…

Mais ce qui est sûr, c’est que le jour où il rangera définitivement sa raquette, on chialera.

Car il a tout joué. Et presque tout gagné. Sauf le titre olympique et le titre mondial.

Et ce sont bien les deux seules petites tâches dans son carnet de correspondance de premier de la classe.

Timo naît le 8 mars 1981 à Erbach. Prématuré. Forcément : toujours der Erste. Toujours en avance. A deux ans il connait déjà le catalogue Wack Sport par cœur. A quatre il touche sa première raquette. A six, il écrit son premier opéra (MOZART ne le fera qu’à 11 ans). A 8 ans il rédige son premier recueil de poésies (RIMBAUD ne le fera qu’à 17 ans). Les cheveux lissés  sur le front, la raie sur le côté, toujours tiré à quatre épingles, rien ne dépasse chez Timo. Il s’assied toujours au premier rang. Ses crayons sont toujours bien taillés. Il n’oublie jamais son livre d’Histoire/Géo. Et il est le chouchou de toutes les maîtresses... A la limite de l’énervant tant il est parfait.

Les parents BOLL rêvaient que leur fils soit architecte ou chirurgien. Mais non, très tôt il décide de concourir pour le prix Nobel de ping. Car ce sont des particules de celluloïd qui lui coulent dans les veines.

A 14 ans, il remporte ainsi son premier titre de champion d’Europe cadet. Puis junior à 16, et 17 ans. Il gagne ensuite sept fois le titre continental en sénior, onze fois le titre de champion d’Allemagne, deux fois la coupe du Monde, trois fois la Ligue des Champions, une médaille d’argent et deux de bronze par équipes aux JO, et un titre de vice-champion du monde par équipes…

Les inconvénients : à chaque fois qu’on donne une coupe au BOLL, il est obligé de changer de coiffure. Et chaque année il est forcé de déménager sa famille pour investir une nouvelle pièce. Pour ranger sa galerie de trophées. Au jour d’aujourd’hui il vit dans un château de 112 chambres. Donnant directement sur le Rhin.

Mais malgré les années qui passent, son style est toujours aussi fluide, aussi coulé. Un service rentrant toujours aussi court, et puis ça t’emmanche en top coup droit et en top revers. Au rebond, près de la table ou à mi-distance. Il joue souvent en tee-shirt noir-jaune et rouge, les couleurs de la Teutonie. Mais il pourrait également jouer en blanc, immaculé. Comme l’ange GABRIEL du Tischtennis qu’il est.

En effet, il irradie de talent, de bonté. Et de fair-play. Il passe ses matchs à lever le petit doigt pour s’excuser. D’avoir effleuré le filet, d’avoir tranché la balle ou tout simplement pour avoir marqué le point... Il remet ou redonne des points à foison. Même quand il perd (et c’est très rare !), il conserve le sourire. Et tapote gentiment l’épaule de son adversaire, en le félicitant.

La seule fantaisie qu’il s’octroie : jamais un zit, mais de temps en temps un petit changement de mains (quand il est dépassé, et c’est très rare aussi !). Et puis ces dernières années, un petit caprice capillaire : le port d’un bandeau. Hommage au Sylvester STALLONE de RAMBO ou au John TRAVOLTA de SATURDAY NIGHT FEVER...

Mais finalement, et c’est peut-être la seule faiblesse de Timo, et son talon (ou talent ?) d’Achille : il est trop parfait!

Non, il n’est définitivement pas comme nous. Jamais il ne shoote la table ni une sépa. Jamais il n’insulte son adversaire, ni ne sert le poing en le regardant droit dans les yeux. Jamais un timide Scheize ! ni un petit Arschgesicht !

Non…Aucune aspérité. Peut-être un tout petit peu trop lisse. Mais c’est, et ce sera, toujours le grand BOLL héros de RAVEL.

Dommage. Il restera cet être pur et éthéré... Regrettable, car on a un tout petit penchant pour l’Enfer.

Mais puisse-t-il rester encore quelques temps ce joueur de Paradis.

Car il a encore un titre mondial et un titre olympique à aller chercher. Avant d’atteindre 72 ans.

Auf geht’s TIMO !

 

Quand tu montres l'endroit d'où tu viens

Quand tu montres l'endroit d'où tu viens

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Jésus MAZE

Jésus MAZE

Il a déjà vécu ses 9 vies. Comme les chats.

Il en a d’ailleurs le regard. La souplesse et les coups de pattes. Le caractère aussi : libre et indépendant. Et il n’a que faire de ta litière. Même si paradoxalement il continue à jouer comme un chien. Presqu’aussi fou qu’à ses débuts.

Michael MAZE est né le 1er septembre 1981 à Fakse, Danemark. Réputée pour son usine Haribo et ses brasseries. Le paradis sur terre : tu te goinfres de sucreries jusqu’à l’âge de 8 ans, puis tu passes direct à la bière. Les plus résistants (dont tu te doutes bien que Michael faisait partie), échappent à la cirrhose et passent l’adolescence. Mais Fakse c’est surtout sur l’île de Zélande, le lieu de naissance de Rollo : le frère de Ragnar LODBROK ! Et oui, Michael est aussi un fucking VIKING !

Et ça résume et t’explique beaucoup de choses.

Car très vite Michael est monté sur le drakkar. Le regard fier, les cheveux aux vents, l’écume sur ses lèvres purpurines... Pour mettre à feu et à sang le vieux continent du ping. Gagnant à coups de hache, au fight, et à la volonté, ses titres de champion d’Europe cadet en 1996, puis junior en 1999.

Micka est certes danois, mais il est avant tout gaucher. Et il sent la balle comme toi des pieds. En plus MAZE sert rentrant comme un Dieu. Mais attention : le dieu THOR, gros spécialiste du service marteau. Ok, on en convient, parfois, ça lui arrive, Michael peut servir en cachant comme un goret. Mais il a une excuse : on l’a déjà dit, il est gaucher. Et le vice fait partie de l’ADN et de la physiologie de ceux qui tiennent leur raquette dans la mauvaise main : celle du Diable.

Mais Michael est surtout, et avant tout, le maître du jeu à mi-distance, en balles hautes, mi-hautes, et rotasses. Il est le dieu scandinave du fishing. Ses adversaires s’épuisent sur les trois premiers échanges en tapant 4254 fois la balle, qui inlassablement, revient en bout de table. Accessoirement, ils se ridiculisent devant tout le monde en ne sachant pas finir ou frapper les balles cathédrales. Puis, quand ils sont à deux doigts de la syncope ou du décès par épuisement, voir de honte, Michael, grand prince, vient abréger leurs souffrances.  C’est ainsi qu’il s’est octroyé le titre de champion d’Europe en 2009, et est allé chercher de haute lutte sa médaille de bronze aux championnats du monde 2005, en toquant, excusez du peu, Wang HAO en 1/8ème puis HAO Shuaï en 1/4, après avoir été mené 3 sets 0 et 10/7. Epique.

Quand tu mets ta clé USB dans le bon sens du premier coup

Quand tu mets ta clé USB dans le bon sens du premier coup

Mais si Michael vit avec de beaux et merveilleux souvenirs, il survit aussi avec ses démons. Collectionnant les pétages de cables, et de plombs. Homériques. Certains s’en offusquaient, surtout les vicaires et pasteurs des églises élisabéthaines du ping. Mais franchement, c’était ce qui le rendait terriblement attachant. Et humain. Et puis, comment en vouloir à un joueur qui est capable de te rentrer 3 zits revers sur le même point ?

Malheureusement monsieur MAZE accumule les blessures depuis bientôt 10 ans : épaule, poignet, hanche, genoux…Une véritable rente pour les chirurgiens orthopédistes. Ces derniers temps il a ainsi passé plus de temps dans les salles d’opération que dans celles de ping. Plusieurs fois il a annoncé sa retraite. On l’a même cru mort…

Mais chaque fois il renaît de ses cendres. Comme le Phénix qu’il n’a jamais cessé d’être. En tout cas dans notre cœur, et plus encore dans celui de Benoît VAQUIER. Hétérosexuel notoire, mais qui souffre de tachyarythmie à chaque fois qu’il croise le regard de Michael.

Monsieur Maze de FURSAC. Benoît VAQUIER va encore s'effondrer en sanglots

Monsieur Maze de FURSAC. Benoît VAQUIER va encore s'effondrer en sanglots

Alors oui MAZE s’est parfois égaré dans les milieux interlopes, et autours des tables de poker professionnel. Et il est désormais plus tatoué qu’un Yakusa japonais. Mais à la différence de Michael SCOFIELD, ce ne sont pas les plans de la prison de Fox River qu’on lui a gravé sous la peau. Mais le parcours pour redevenir champion d’Europe !

Et ça débutera la semaine prochaine à Alicante.

Superbe tentative de zit de Michael au poker

Superbe tentative de zit de Michael au poker

On va l’avouer, vu l’adversité, et le manque de compéts et de souffle de Michael, on y croit qu’à moitié. Mais MAZE s’est laissé repousser les cheveux, et la barbichette. Jésus CHRIST lui ressemble désormais. Le top spin revers en moins. Et comme ce sera l’un de ses derniers challenges, on le soutiendra à fond !

En pensant avec nostalgie au petit garçon de Fakse.

Qui, face à la mer, aurait pu grandir. Qui, face contre terre, aurait pu mourir.

Qui se relève.

Et prend son dernier rêve…

A bientôt Michael

A bientôt Michael

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