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Il ne joue pas au tennis de table. Il est tennis de table.

Descendu sur terre pour nous évangéliser. A coup de balles celluloïd. Et désormais d’hosties en plastiques.

Une longévité et une régularité incroyables au plus haut niveau. Avec le sentiment que plus il joue et mieux il joue : le Benjamin BUTTON du ping…

Mais ce qui est sûr, c’est que le jour où il rangera définitivement sa raquette, on chialera.

Car il a tout joué. Et presque tout gagné. Sauf le titre olympique et le titre mondial.

Et ce sont bien les deux seules petites tâches dans son carnet de correspondance de premier de la classe.

Timo naît le 8 mars 1981 à Erbach. Prématuré. Forcément : toujours der Erste. Toujours en avance. A deux ans il connait déjà le catalogue Wack Sport par cœur. A quatre il touche sa première raquette. A six, il écrit son premier opéra (MOZART ne le fera qu’à 11 ans). A 8 ans il rédige son premier recueil de poésies (RIMBAUD ne le fera qu’à 17 ans). Les cheveux lissés  sur le front, la raie sur le côté, toujours tiré à quatre épingles, rien ne dépasse chez Timo. Il s’assied toujours au premier rang. Ses crayons sont toujours bien taillés. Il n’oublie jamais son livre d’Histoire/Géo. Et il est le chouchou de toutes les maîtresses... A la limite de l’énervant tant il est parfait.

Les parents BOLL rêvaient que leur fils soit architecte ou chirurgien. Mais non, très tôt il décide de concourir pour le prix Nobel de ping. Car ce sont des particules de celluloïd qui lui coulent dans les veines.

A 14 ans, il remporte ainsi son premier titre de champion d’Europe cadet. Puis junior à 16, et 17 ans. Il gagne ensuite sept fois le titre continental en sénior, onze fois le titre de champion d’Allemagne, deux fois la coupe du Monde, trois fois la Ligue des Champions, une médaille d’argent et deux de bronze par équipes aux JO, et un titre de vice-champion du monde par équipes…

Les inconvénients : à chaque fois qu’on donne une coupe au BOLL, il est obligé de changer de coiffure. Et chaque année il est forcé de déménager sa famille pour investir une nouvelle pièce. Pour ranger sa galerie de trophées. Au jour d’aujourd’hui il vit dans un château de 112 chambres. Donnant directement sur le Rhin.

Mais malgré les années qui passent, son style est toujours aussi fluide, aussi coulé. Un service rentrant toujours aussi court, et puis ça t’emmanche en top coup droit et en top revers. Au rebond, près de la table ou à mi-distance. Il joue souvent en tee-shirt noir-jaune et rouge, les couleurs de la Teutonie. Mais il pourrait également jouer en blanc, immaculé. Comme l’ange GABRIEL du Tischtennis qu’il est.

En effet, il irradie de talent, de bonté. Et de fair-play. Il passe ses matchs à lever le petit doigt pour s’excuser. D’avoir effleuré le filet, d’avoir tranché la balle ou tout simplement pour avoir marqué le point... Il remet ou redonne des points à foison. Même quand il perd (et c’est très rare !), il conserve le sourire. Et tapote gentiment l’épaule de son adversaire, en le félicitant.

La seule fantaisie qu’il s’octroie : jamais un zit, mais de temps en temps un petit changement de mains (quand il est dépassé, et c’est très rare aussi !). Et puis ces dernières années, un petit caprice capillaire : le port d’un bandeau. Hommage au Sylvester STALLONE de RAMBO ou au John TRAVOLTA de SATURDAY NIGHT FEVER...

Mais finalement, et c’est peut-être la seule faiblesse de Timo, et son talon (ou talent ?) d’Achille : il est trop parfait!

Non, il n’est définitivement pas comme nous. Jamais il ne shoote la table ni une sépa. Jamais il n’insulte son adversaire, ni ne sert le poing en le regardant droit dans les yeux. Jamais un timide Scheize ! ni un petit Arschgesicht !

Non…Aucune aspérité. Peut-être un tout petit peu trop lisse. Mais c’est, et ce sera, toujours le grand BOLL héros de RAVEL.

Dommage. Il restera cet être pur et éthéré... Regrettable, car on a un tout petit penchant pour l’Enfer.

Mais puisse-t-il rester encore quelques temps ce joueur de Paradis.

Car il a encore un titre mondial et un titre olympique à aller chercher. Avant d’atteindre 72 ans.

Auf geht’s TIMO !

 

Quand tu montres l'endroit d'où tu viens

Quand tu montres l'endroit d'où tu viens

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Published by Tennis de table Amiens - dans Tennis de table Timo BOLL

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