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Oui, Jan-Ove, The Greatest Of All Time.

Certes les contradicteurs et pisse-froids vont argumenter qu’il y a eu de très grands joueurs avant. Qu’il y en a actuellement, et qu’il y en aura forcément après. Que certains pongistes ont eu, ont, ou auront, des palmarès supérieurs (mais, NDLR : ils ne seront  pas bien nombreux !!!).

Quoi qu’il arrive Jan-Owe restera pour toujours, et à jamais, AU DESSUS !

Pour de multiples raisons. Déjà parce qu’on l’a décidé. Et puis par sa précocité, son toucher de balle, sa créativité. Parce qu’il aura été l’un des porte-étendards du ping moderne, et qu’il l’aura emmené dans une autre dimension.  Car il porte aussi en lui, et avec lui, la nostalgie d’une époque adolescente, et révolue. Avec les sets de 21 points, les balles de 38, la colle rapide, les services avec le bras devant…

Mais tout ça au bout du compte c’est littérature : il aura vécu et traversé la fin du XXème siècle, le passage aux sets de 11 points, aux balles de 40, et l’arrivée des billes plastiques avec la nonchalance et la décontraction d’un gentleman-farmer suédois. Il pouvait tout jouer, et avec tout, n’importe où, n’importe comment. Y compris avec des boîtes de CD, des bouquins, des boîtes de Snus …et même des bananes : https://www.youtube.com/watch?v=Ed9eL1VPiiM

Parce qu’en fait, ce qui compte au final pour Jan-Ove, c’est le jeu.  C’est jouer.

Et c’est bien là ce qui a toujours été l’essentiel. Son essentiel.

Waldnérien

Waldnérien

Jan-Ove WALDNER naît le 3 septembre 1965 à Stockholm, en Suédie. Mais dans une étable, entre un âne et un boeuf. Marie, sa mère, l’inscrit dès ses 5 ans dans le club de tennis de table de Spårvägen BTK. Joseph, son père, charpentier et menuisier de formation, lui fabriquera sa première raquette, et la table sur laquelle il débutera, dans son garage. Marie, Joseph, l’étable... Tu pourrais croire que Jan-Ove est le fils de DIEU. Mais non, c’est raté : il est DIEU, lui-même !

Dès les premières balles tapées, JO WALDNER fait montre d’une aisance incroyable. La raquette n’est pas le prolongement de sa main. Elle est sa main.

Il sera rapidement comparé à MOZART. Ce qui est complètement stupide car l’Autrichien n’a jamais pu enchaîner deux tops, et a toujours été nul au ping !

Non, restons rationnels. L’explication des qualités de Jan-Ove est toute simple. Tout le monde sait que les Dieux de l’Olympe descendent parfois sur terre, et prennent forme humaine pour se mêler au peuple. De temps en temps pour faire la guerre, ou pour boire une bière. Mais en fait, le plus souvent, surtout pour niquer. ZEUS a donc choisi l’enveloppe corporelle de Jan-Ove, juste pour se divertir et jouer au ping. Entre deux bastons avec CRONOS.

Wolfang Amadeus WALDNER

Wolfang Amadeus WALDNER

Dès sa prime enfance le petit WALDNER châtie tout le monde. Rapidement propulsé en équipe nationale suédoise, il glane les titres de vice champion d’Europe cadets en 1979 et 1980, puis de champion d’Europe junior, avec la triple couronne (forcément suédoise) en 1981, 1982 et 1983. Il dispute surtout sa première finale des championnats d’Europe sénior à seulement 16 ans, en 1982, contre son frère d’arme et mentor Mikael APPELGREN. Montrant à tous, que même au ping, la valeur n’attend pas le nombre des années. Et devenant instantanément l’idole de moult jeunes apprentis pongistes.

La tête de Seum en 1982, dans les bras de ce petit branleur d’APPELGREN

La tête de Seum en 1982, dans les bras de ce petit branleur d’APPELGREN

S’en suivra une carrière exceptionnelle. Un bâtiment entier de la SVERIGES RIKSBANK, à Göteborg, sur quatre étages, renferme toutes ses coupes, médailles, et trophées. Presque toujours en or. Rarement en argent.

Relit le palmarès (cligne des yeux maintenant, car dans quelques lignes ça va piquer):

- une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, et une médaille d’argent en 2000 aux JO de Sydney ;

- deux titres de champion du monde en simples (1989, 1997), trois titres de vice-champion du monde en simples (1987, 1991, 1995), et deux médailles de bronze (1993, 1999) ;

- quatre  titres de champion du monde par équipes en 1989 1991, 1993, 2000, et trois titres de  vice champion du monde par équipes en 1983, 1985, 1987

- Un seul titre de champion d’Europe (1996) mais deux médailles d’argent (1982 ,1994) ;

- sept fois champion d’Europe par équipes (1986, 1988, 1990, 1992, 1996, 2000 ,2002) ;

- vainqueur de la coupe du monde (1990) et deux fois finalistes (1983,1996) ;

- sept fois vainqueur du top 12 européen (1984, 1986, 1988, 1989, 1993, 1995, 1996).

La légende dit que quand tu embrasses une médaille d’or olympique, elle se transforme en top-modèle de 24 ans aux yeux verts et aux cheveux blonds

La légende dit que quand tu embrasses une médaille d’or olympique, elle se transforme en top-modèle de 24 ans aux yeux verts et aux cheveux blonds

La tête de file d’une génération suédoise incroyable avec les Mikael APPELGREN, Jörgen PERSSON, Erik LINDH, Peter KARLSSON, Jonny AKESSON, et autre Thomas von SCHEELE… Ils étaient beaux, ils étaient blonds, ils sentaient bon le top-spin chaud. Et ces derniers romantiques du tennis de table firent souffler un vent nouveau sur la planète ping. Qui décoiffa tout le monde, y compris (et surtout !), les Chinois, pendant une bonne décade. De leur premier titre de champions du monde par équipes en 1989, jusqu’au dernier en 2000. L’un des faits d’arme les plus glorieux : la première victoire collective contre l’équipe de Chine, en 1989. Jan-Ove y aura fissuré la grande Muraille et pour quelques années.

La Suède insolente de talents mais en short ridicule

La Suède insolente de talents mais en short ridicule

Mais la rumeur de ses exploits n’arrivait dans les chaumières qu’au compte-goutte. Pas de réseaux sociaux, pas d’internet, à l’époque. Et déjà rien à la télévision niveau ping. Il fallait attendre les comptes-rendus laconiques dans France Tennis de Table, avec de rares photos pourries en noir et blanc. Quelques vidéos circulaient sous le manteau, de vieilles cassettes VHS à l’image douteuse et tremblotante. Et on te racontait, qu’on t’avait raconté, que si, si, à un moment, Jan-Ove avait mis un point dingue, en défendant de dos, à 10 mètres de la table, à l’aveugle, la main gauche sur la séparation, contre Jean-Michel SAIVE…

France Tennis de Table 1983

France Tennis de Table 1983

Comment décrire le jeu de WALDNER?  Pas facile. Car, il était le jeu... On a plus vite fait de faire la liste de ce qu’il ne sait pas faire au ping, que de ce qu’il pouvait faire. Oui, page blanche... Difficile de ne pas verser dans le superlatif. Excellent serveur. Excellent remiseur, un poignet incroyable, en chop courte ou en flip, dans toutes les positions. Premier démarrage solide. Contreur hors pair : ah, ses blocs coupés, ah,  ses claquettes revers… Une capacité d’improvisation, d’innovation, de variations, de placements là où il fallait, quand il fallait. Surtout là précisément où l’adversaire ne l’attendait jamais... Quand la vie te semble maussade et triste, clicke donc sur Youtube et revisionne ses best-of ; ça reste le meilleur des anti-dépresseurs !

JOW, huile sur toile, 1991 (anonyme)

JOW, huile sur toile, 1991 (anonyme)

Alors oui, comme tous les génies et les grands hommes, il a sa part d’ombre et ses petits défauts et imperfections : une forme d’inadaptation à la vie en dehors du ping, une relative timidité expliquant une  aisance médiatique moyenne, une tendance au petit boulard, avec l’arrogance et la suffisance des plus grands (mais uniquement réservée à ceux qui ont fait le grand chelem Champion Olympique/du Monde/et de la Coupe du Monde). Quelques addictions à la roulette, aux tripots, à la binouze, et au Mac do, expliquant ses deux valises de 10 kg en trop qu’il porte autour du bide actuellement… Mais la vie quotidienne n’est pas toujours simple quand tu es tout à la fois un Mythe et une Légende. Ses  ailes de géant l’empêchaient parfois de marcher sur la terre des Hommes (oui, parfaitement, comme l’albatros de Charles BAUDELAIRE). Mais dès lors qu’il entrait dans une salle de ping, il respirait l’air ambiant, les déployait et s’envolait. Atteignant les sommets.

Attention, il va décoller !

Attention, il va décoller !

Petite anecdote : lors d’une compét dans les années 90, à l’issue d’un point exceptionnel de Jean-Philippe GATIEN, il était venu le féliciter et lui dire que c’était vraiment incroyable, et que cette balle entrait directement dans son top 10 des points les plus dingues qu’il avait vu dans le monde…Ce qu’il n’avait juste pas précisé c’est les 9 autres points, c’est lui qui les avaient marqués...

Si tu trouves qu’on ne lui pas encore suffisamment léché le derrière au cours de ce portrait, tu peux continuer, il existe également en timbre-poste !

Si tu trouves qu’on ne lui pas encore suffisamment léché le derrière au cours de ce portrait, tu peux continuer, il existe également en timbre-poste !

Un grand merci pour tout Jan-Ove.

Merci d’avoir inspiré et donné envie à toute une génération.

Une génération de gros losers, certes. Mais tu auras eu le mérite de nous mettre des paillettes dans les yeux. Et des moulures au plafond de nos salles de ping.

Pour l’éternité.

Ce qui est remarquable, c'est qu'au ping, toute ton existence, tu conserves ce regard d’enfant, le regard de Jan-Ove.

Ce qui est remarquable, c'est qu'au ping, toute ton existence, tu conserves ce regard d’enfant, le regard de Jan-Ove.

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Ne lui demande pas de te dessiner un mouton. Car il va te tracer une table de ping avec des croix et des flèches dans tous les sens. Tactique et placement, comme labourage et pâturage : les deux mamelles du jeu français. Mais avec la fantaisie et la touche de balle en plus pour SIMGOZ !

Simon GAUZY sort donc de sa coquille le 25 octobre 1994 à Toulouse. Les fées se penchent très tôt sur son berceau. C’est la sœur de la fée Carabosse et d’Aleksandar, la fée Karakasevic (classée 9, Auch), qui lui envoie le petit coup de baguette magique. Mais encore à 3 grammes, elle se foire, queutte son coup, et lui greffe une raquette Cornilleau au bout de la main droite…

Cet attribut étrange va générer des débuts dans la vie, pas toujours faciles-faciles, pour le petit Simon-Edward, aux mains d’argent. Car essaie de t’habiller, d’écrire, ou de jouer à la play-station avec une palette de bois au bout des doigts ! Heureusement, et finalement, très vite cette petite excroissance va devenir un atout décisif : à l’école, pour déposer les plats et faire le service de rab à la cantoche ; à l’apéro pour y couper le saucisson ; au PMU pour remplir sa grille de Tacotac ; dans la voiture pour faire pare-soleil…

Quand il te regarde comme ça, t'as tout gagné

Quand il te regarde comme ça, t'as tout gagné

Mais la vraie révélation va se produire quand le petit GAUZY va pénétrer pour la première fois dans une salle de ping-pong : un rayon lumineux frappe alors son visage, et les anges se mettent à chanter. Depuis ça continue. Et c’est d’ailleurs super-chiant pour les gars qui jouent à côté en raison des faux jours et du bruit que ça génère !

Simon a grandi. Il  maîtrise maintenant  à la perfection ce demi-cercle de bois plissés et collés. Qui n’est plus que le prolongement naturel des muscles de son avant-bras et de ses réseaux neuronaux. Manipulé tout en finesse et en délicatesse. Il caresse désormais la balle comme les cheveux des filles. Et il envoie désormais plus de chopes que la fête de la bière à Munich. Il distribue les balles avec la dextérité, la vitesse et la précision du croupier de Las Végas avec les cartes.

Il accumule ainsi les victoires et les titres dans les catégories jeunes : champion de France benjamin (2005) puis cadet (2007), champion d’Europe cadets (2009), médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (2010), champion de France sénior (2013)…

Mais les jalousies s’attisent. Un matin on tente de le perdre dans la forêt avec ses frères. Mais toujours futé, il sème des balles plastiques Butter G40 sur le parcours, comme de petits cailloux (la même sensation d’ailleurs quand tu joues avec). Ils échappent ainsi à l’ogre et retrouvent facilement le chemin de la maison. Le druide Philou MERLIN-GATIEN le prend alors sous son aile pour le couver à Levallois. Mais ses parents doivent livrer, à domicile, un terrible combat contre Celui-dont-on-ne peut-dire-le-nom-mais-qui-travaille-à-la-fédé. Simon échappe au Lord VOLDEMORT du ping, ainsi qu’à la cicatrice sur le front, et au port de lunettes cerclées en métal (la chance !). Mais il se retrouve placé dans un petit train à vapeur : direction la POUDLARD academy, à Ochsenhausen ! Là il croise le bois et la baguette des sorciers de tous les pays, mais de très haut niveau. Il progresse spectaculairement dans le jetage de sorts à ses adversaires. Ainsi que dans la confection de potions magiques à base de houblon fermenté.

Exercice n°1: mettre en lévitation la balle avec le seul pouvoir du regard

Exercice n°1: mettre en lévitation la balle avec le seul pouvoir du regard

Il reprend sa marche en avant : médaille de bronze aux championnats par équipes 2015, vice-champion d’Europe en simples 2016…

De petits accrocs cependant, par-ci, par là, dans sa tunique de magicien par encore totalement parfaite : des prises de tête lors de certains matchs avec un fair-play digne d’un Séverus ROGUE , du body language de loser quand ça va mal, un narcissisme parfois exacerbé (mais il en faut pour être un très grand) et une trop forte appétence pour les réseaux sociaux et les pièges des trolls…

Mais beaucoup de sérieux dans la préparation, oui, ça bosse énormément. Beaucoup de qualités et d’intelligence, notamment dans la gestion de carrière. Et ça parle anglais, et ça parle allemand, avec  une belle aisance pour le show, les interviews, les caméras... Entretemps Simon a rencontré sa Jenny WEASLEY. Qui a mis au monde l’héritier… Tout cela remet du plomb dans la tête. Qu’avec la pierre philosophale, il a récemment transformé en or. Sa quête de popularité continue donc de monter dans le petit milieu pongistique français et mondial. Et encore plus depuis son ¼ de finale aux championnats du monde 2019, marqués par sa victoire, 4/2, à la régulière contre le mangemort Xu XIN, en 1/16ème de finale.

Car c’est le but ultime : la médaille aux Mondes et aux Jeux Olympiques.

Mais d’ici là il faudra continuer à tordre beaucoup de moldus et de sang-de-bourbes.

Et comme lui a déjà dit à l’oreille Albus DUMBLEDORE : il faudra encore avoir encore beaucoup de courage pour affronter ses ennemis. Et plus encore pour affronter ses amis.

Tokyo, photo de la fin de la finale des JO 2020

Tokyo, photo de la fin de la finale des JO 2020

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Depuis la disparition de Jean Philippe SMET, Jean-Michel SAIVE est désormais le plus grand Belge de tous les temps.

Il a commencé à jouer avant ta naissance. Il continuera après ta mort.  Car il est immortel.

Il est le Connor Mc Leod du Ping-Pong. Le Highlander de Wallonie.

Jean-Michel SAIVE voit le jour le 17 novembre 1969. Il naît sans sa raquette, car pas la place dans l’utérus maternel, déjà bien rempli par le sac Stiga. Mais son cœur est déjà gros comme ça. Et sa condition physique hors norme. A peine né, il entame une compét de tir à la corde avec le gynécologue. A mains nues, avec le cordon ombilical.

Jean-Michel développe également très tôt des qualités mentales exceptionnelles. Apprenant à conserver son sang-froid et son self-control en toutes circonstances. Car il grandit dans les années 1970-1980, à une époque où Michel COLUCCI, en tee-shirt jaune et salopette bleue, raille et massacre ses compatriotes d’outre-Quiévrain dans des sketchs lourdingues. Mais qui ne font rigoler que les français.

Nageant tel un poisson dans l’eau, monsieur SAIVE souhaite s’orienter initialement vers le Water-polo. Mais dommage, "les wallons ont noyé tous leurs chevaux" (rires gras parisiens).  Le ski nautique le tente également. Mais, difficile, "car pas de lacs en pente en Belgique" (re-rires gras français). Voilà…C’était le niveau… Le président MACRON devrait prochainement présenter ses excuses à toute la Belgique. Au nom du respect.

Tu t'es toujours demandé à quoi pouvait ressembler la volonté, pure, en photo. Voilà.

Tu t'es toujours demandé à quoi pouvait ressembler la volonté, pure, en photo. Voilà.

Mais revenons à Jean-Michel… Le 21 juillet, lors de la Belgische nationale feestdag, le vendeur se trompe et lui glisse dans la main droite, non pas un cornet de frites (nouveaux rires gras), mais une raquette de ping. Et ce sera la révélation. Jean-Michel, dès le lendemain commence à s’entraîner comme un chien. Ou plutôt comme le chien de son chien. Et il prend le nom de Jean-Mi (il va trop vite, on n’a plus le temps de prononcer la dernière syllabe). Il débute tous les jours à 6 heures du matin, en courant un marathon de 42,5 km. Puis il se vide les tripes 3 heures durant devant les paniers de balles de maître Dayong WANG. Enchaînant ensuite avec 90 km de vélo eddymerckxiens, entre midi et deux. Puis viennent les séances de matchs entre 14h et 17 heures, sans pitié. Contre entre autres, son frère Philippe, les CABRERA et autre Martin BRATANOV. Car à la fin il ne peut en rester qu’un. Et c’est toujours Jean Mi… Il termine enfin sa journée, pour se délasser, en faisant quelques longueurs de piscine ; 8 kilomètres, pour être précis. Oui, on peut dire que monsieur SAIVE est l’inventeur du triathlon.  

Mais cet entrainement de forçat belge paye. Lors de ses premiers championnats d’Europe cadets, en 1984, il plie ses adversaires un par un. Et urine sur toute la concurrence du vieux continent. Un artiste immortalisera cette scène. Et la sculpture de Jean-Mi trône désormais en plein centre de Bruxelles. Pour l’éternité : le Maneken Ping.

Jean-Mi, le Maneken Ping (Rue de l'étuve, Brussels)

Jean-Mi, le Maneken Ping (Rue de l'étuve, Brussels)

Vient ensuite la montée de SAIVE. Il grandit en même temps que son ping-pong. Et les coupes et médailles commencent à pousser autour de son cou, et à l’extrémité de ses mains. Comme les fleurs de la réussite et du renouveau sur les branches des cerisiers au printemps.

Outre un énorme top spin coup droit, sa principale qualité réside surtout en une volonté hors du commun. Le fight lui coule dans les veines. Comme la lave en fusion sur un volcan. Il joue sa vie sur chaque échange. Et il s’arrache le cul, et le reste aussi, sur toutes les balles. A 19 partout à la belle, il court après la victoire comme un pitbull après son os. Il a des nerfs d’acier, et des testicules d’un métal encore plus résistant. La NASA wallonne les a d’ailleurs biopsiés. Pour, à partir d’elles, élaborer l’alliage à partir duquel ils construiront leur première navette spatiale. Quand ils décideront de s’y mettre... Pour information, un reproduction de cette molécule de métal Saivien est visible sous la forme d’une sculpture géante, à Laeken, sur le plateau du Heysel.

La molécule du métal gonadique saivien

La molécule du métal gonadique saivien

Avec son bandeau dans les cheveux et son short remonté, il cultive un look, mix de Rambo en barboteuse et de Robert de NIRO guerroyant au Vietnam. Mais qui sur chaque match voyage au bout de l’enfer. Et avec ses 90% de transpiration et ses 90% d’inspiration (oui, c’est monsieur 180%), viennent le premier titre de champion de Belgique en 1985 (il en accumulera 26 !), de champion d’Europe sénior en 1994, et de vainqueur du top 12 en 1994. Il remporte l’Open de Chine en 1993, dans le pays du ping, atteignant la finale des championnats du monde individuels la même année. Il restera deux ans à la première place mondiale entre 1994 et 1996. Et il participera à 7 Jeux Olympiques et à 20 championnats du Monde…

Oui, après cela tu peux songer à raccrocher. Et aller glander en buvant des pina colada, vautré sur des plages des Tropiques.

La guerre du Vietnam. Sur chaque point.

La guerre du Vietnam. Sur chaque point.

Mais pas Jean-Michel. Car il est toujours en sur-activité, partout et sur tous les terrains. Encore maintenant. Continuant à jouer en superdivision et en coupe d’Europe au Logis Auderghem. Cumulant des responsabilités à la fédération Belge, au Comité Olympique, à l’ITTF, et sur les plateaux de télévision. Même dans la chanson ! (mais on a préféré oublier par respect pour le 4ème art).  Car il a réussi à donner au tennis de table une exposition médiatique dans son pays, à nulle autre pareil. Sur son seul nom il remplit les salles de Ping. Alors oui, malgré un fair play légendaire, son côté boulimique, son fort caractère, ses cris et ses penchants Comedia del arte, peuvent en irriter certains. Mais seuls ceux qui ont fait quelque chose de leur vie ont des ennemis.

Et rappelons qu’il a déjà joué contre DIEU. A plusieurs reprises. Et l’a souvent battu.

Notamment en finale des championnats d’Europe 1994 : victoire 3/1 contre Jan-Owe WALDNER...

Grâce à lui le Paradis est désormais équipé en Cornilleau 740.

On aura de quoi s’occuper pour l’éternité.

A tantôt Jean-Mi.

Quand la buvette annonce une pression offerte pour une pression achetée !

Quand la buvette annonce une pression offerte pour une pression achetée !

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Koki, ne rit que quand il se brûle

Koki, ne rit que quand il se brûle

Il est une énigme.

Probablement l’un des plus gros talents que la terre pongiste ait porté. Mais pourquoi l’avoir enfermé dans un si petit corps ? Et pourquoi diable la fédé japonaise se complaît-elle à toujours lui filer des tee-shirts trois fois trop grands ?!?

Il nage toujours dans un maillot Mizuno, qui pend négligemment au dessus de son short.

Et il flotte donc dans son tee-shirt. Et souvent, comme un fantôme dans l’aire de jeu.

Car s’il est bien présent physiquement, debout devant la table, fréquemment son esprit paraît ailleurs. Son regard s’égare sur la table d’à côté. Ou du côté de la buvette, qui sert des Capri-Sun.

Ses pensées vagabondent du haut du filet, au bout de la salle. Et parfois, pour son coach, jusqu’au sommet du mont Fuji.

Mais son visage demeure obstinément fermé, presque figé. Enigmatique, impassible, ne traduisant aucune expression, aucun stress, aucune émotion. Limite Asperger.

D'ailleurs parfois il semble aussi concerné par le game qu’un joueur de D4, un dimanche matin, à 9h. Mais le même joueur de départementale qui a passé la nuit en boîte et a dormi sur la banquette arrière de sa C1 sur le parking du Macumba jusqu’à 8h45.

Buster NIWA

Buster NIWA

C'est vrai que parfois il donne l'impression de s'en foutre, mais d'une force... Et son investissement physique dans l’échange s’apparente alors à celui d’un lémurien asthmatique. Ses jambes épaisses comme des baguettes, se plient avec la même souplesse. Son thorax n'est pas plus épais qu'une galette de riz. Mais pourtant il souffle le chaud et le froid sur la table ! Et il stationne dans le top 20 mondial depuis plusieurs années. Se permettant même le luxe de dominer quelques monstres physiques.

Car si certains sentent la balle, lui c’est la balle qui le sent.

Capable de fulgurances phénoménales. De coups et d’inspirations géniales. Entre des blocs shopés coup droit et revers, des tops au rebond du rebond, des revers inversés en mode papillon. Il sert, et il flippe dingue. Et avec son petit bras gauche il envoie des tops d’une violence inouïe. Défiant les lois de la physique quantique avec un si petit volume musculaire.

Bref il fait le bonheur de tous les best-of sur Youtube. Tiens, enjoy : https://www.youtube.com/watch?v=5C-K9_xeM_Q

Son palmarès est  impressionnant : champion du monde junior 2011, champion olympique de la jeunesse 2010, champion du Japon 2013, vice champion olympique par équipe 2016, demi finaliste des championnats du monde par équipes 2012 et 2014. Mais il lui manque toujours un titre majeur dans la catégorie sénior. Et il est capable d’aller en chercher un... Pour Liu GUOLIANG, coach emblématique chinois, il est d’ailleurs le facteur X. Le seul joueur capable de taper ses petits protégés. Il les a d’ailleurs tous battus, les Xu XIN, Zhang JIKE, Ma LONG et consorts, mais jamais sur une seule compèt. Et pour le moment, c'est vrai, il s’est toujours fait déboîter par Fan ZHENDONG.

Finalement son inconstance demeure son plus grand défaut. Car capable de battre un top 5 puis dans la foulée de s’incliner contre un sociétaire de la Hérain. Car le plus grand adversaire de Koki NIWA, c’est lui-même: Koka NIWI, l’ennemi intérieur...

Alors oui, sa nonchalance en déconcerte certains. En irrite d’autres. En insupporte beaucoup. On peut comprendre...

Mais il demeure l’idole absolue de tous les spécialistes de la Hérain est mon Royaume. Pas seulement pour son côté fantasque, incongru, imprévisible. Pas uniquement parce qu’il est gaucher, joue dingue, nous fait toujours rêver, et qu'avec lui il peut toujours se passer quelque chose... Non, surtout parce qu’un joueur qui, mené 10/8 à la belle, tente le bloc coupé suivi du zit coup droit, ne peut être foncièrement mauvais.

Koki NIWA c’est un peu notre Olympique de Marseille à nous. Il nous enthousiasme, nous émerveille, nous rend accro. Pour au final toujours nous décevoir… Mais on continuera de le supporter. Et de l’aimer. Jusqu’à la muerte. Enfin, jusqu’à ce que son visage Keatonesque se décrispe, et qu’enfin un large sourire éclaire son visage.

Quand il deviendra champion olympique, en 2020, à Tokyo.

On sera là!

 

Voilà Koki, c'est ça qu'on veut en 2020 !

Voilà Koki, c'est ça qu'on veut en 2020 !

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Quand tu te tapes le gros orteil sur un pied de meuble (photo de Michael LOVEDER)

Quand tu te tapes le gros orteil sur un pied de meuble (photo de Michael LOVEDER)

A l’âge où le petit Prince te demande encore de dessiner des moutons, et les autres adolescents saoûlent leurs parents pour avoir un scooter, il est déjà n°10 mondial.

Champion du monde junior 2016 (en étant cadet !), vainqueur de l’open de République Tchèque sénior 2017, et champion du Japon 2018.

Ne cherche plus. Il est là, le nouveau Messie, le nouveau Bouddha du ping.

Oui, il est l’élu. Le Keanu REEVES aux yeux plissés. Entré dans la matrice pongiste juste pour plier l’hégémonie chinoise.

Car sa vie entière a été dédiée à la plus noble des disciplines : le tennis de table.

Sa naissance déjà. En effet, prise de contractions alors qu’elle passe devant le gymnase de Sendaï, sa mère accouche le 27 juin 2003 sur une table Cornilleau (tu noteras qu’effectivement la firme picarde diversifie son offre depuis plusieurs années). Cette péripétie obstétricale scellera le destin du petit Tomokazu à jamais. Car décelant son énorme potentiel dès son premier cri, impressionné par le volume sonore, l’entraineur du club local l’arrache à ses parents, en même temps qu’il coupe le cordon ombilical à grands coups de bois Hinotec. Et il le confie immédiatement à une congrégation de moines SHAOLIN. Tomokazu passera donc la première partie de son enfance dans un temple entièrement dédié à la balle plastique. Après ses 9 heures de ping quotidiennes, il s’enquillera 4 heures de Kung-Fu. Puis il doit ensuite déambuler lentement, durant trois heures, dans le jardin japonais, à se taper les leçons d’éthique et de morale de maître Po, qui s’obstine à l’appeler « Petit scarabée ». La purge... A se taper ainsi de longues rhétoriques sur le vent, la pluie, le soleil, le Bien, le Mal, et les papillons. Et sans pouvoir dire un mot. Car Tomokazu a fait vœu de silence. Ses cordes vocales s’en souviendront. Et le feront payer cher à ses futurs adversaires.

Mais quand maître Po commencera à lui demander lors de leurs longues promenades matinales s’il aime les films de gladiateurs, et les corps musclés et huilés, Tomokazu comprendra que c’est le moment opportun pour passer le test, et pour battre de ses propres ailes.

Profitant alors d’un retour de boîte de maître Po, déchiré, et à 2 grammes, il réussit enfin, un dimanche matin, à arracher la balle DHS dans la paume de la main de son mentor. Et ce avant qu’il n’ait eu le temps de la refermer.

Maître PO, le premier entraîneur de Tomokazu

Maître PO, le premier entraîneur de Tomokazu

Voilà, après 12 années passées loin du monde, le Monde allait enfin tâter du top spin de Tomokazu. En 2015, HARIMOTO pouvait enfin aller seul sur les chemins des Opens et des compétitions internationales.

Avec des débuts fracassants, dès sa première apparition au tournoi Safir 2015, en Suède, au cours duquel il scalpe Jens LUNDQVIST, top 100 mondial, à l’âge de 12 ans. Puis suivront Tan RUIWU, Hugo CALDERANO, le champion d’Europe junior 2015 Anton KALLBERG…Et bien d’autres ensuite, tous aussi prestigieux les uns que les autres. HARIMOTO intègre donc naturellement l’équipe nationale du Japon, à l’âge où normalement tu ne peux faire que ramasseur de balles. Tomokazu gagne alors le respect des plus grands: quand il le croise Jan Owe WALDNER met ainsi un genou au sol. Et Vladimir SAMSONOV lui baise les pieds...

Et donc, ce week-end, petite apothéose, sur ses terres : il remporte l’Open du Japon 2018, en tordant Ma LONG 4/2 en quart de finale, puis ZHANG Jike 4/3 en finale, multi-champions du monde et olympiques. Dans le nouveau rôle que lui aura attribué la fédé japonaise : tueur de Chinois. A l’approche et en pleine préparation des JO de Tokyo 2020. A priori Tomokazu est en avance. Et déjà prêt.

Le silence qui suit un cri de HARIMOTO est encore d'HARIMOTO

Le silence qui suit un cri de HARIMOTO est encore d'HARIMOTO

Pourtant, malgré son exceptionnelle précocité, et son incroyable talent (même Wolfgang Amadeus MOZART prendrait 3/0) HARIMOTO ne fait pas l’unanimité dans la communauté pongiste. En tout cas sur les forums français. Car il crie très fort après chaque point qu’il gagne… Le pongiste tricolore est en effet un être délicat, aux membranes tympaniques sensibles. L’habitude de jouer dans des bibliothèques probablement.

Mais note bien que ce hurlement n’est pas agressif. Non, ce cri primal, qui vient du fond des âges, et de sa petite poitrine, c’est le Kiai, le cri interne, le souffle-énergie. Car Tomokazu pratique le tennis de table comme un art martial. Car oui, le ping-pong est un combat. Une lutte à mort. Et quand HARIMOTO assène un coup qui fait mal à son adversaire, ce hurlement lui permet de vider ses poumons, et son esprit. La maîtrise de cette colonne d’air vital lui permet de rassembler toute son énergie créatrice et destructrice. Et lui permet d’atteindre un niveau de concentration ultime. Comme au Karaté ou au Kendo.

Et puis ces cris, franchement, c’est pas mal : ça met un peu d'animation, de volume sonore, et de fight dans les compétitions. Au moins il se passe quelque chose. Sinon c’est l’ambiance trop calme et policée so british, que l’on ne peut partager qu’avec les vieilles rombières britanniques à l’heure du thé. Alors, non merci... Le ping-pong c’est la vie. Et il faut que ça frite, que ça gueule, que ça pétille!

Bon ok, on veut bien l’admettre, peut-être qu’en hurlant à la fin des points, Tomokazu casse un tout petit peu les oreilles, et les burnes, de ses adversaires. Ça, ça s’appelle la guerre psychologique. Mais contrairement aux américains lors de leur passage au Vietnam, il ne met pas « La Chevauchée des Walkyries » de WAGNER à fond sur son auto-radio pendant le match. Et il demeure extraordinairement respectueux et poli. Jamais il ne crie en regardant son adversaire droit dans les yeux, et en serrant le poing (spécialité de certains ). Mais il tourne toujours le regard vers son coach, ou vers les cieux.  

Mais en regardant vers le haut ça n’est pas Dieu qu’il regarde.  Juste la première place mondiale.

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